Ce matin, c'est l'effondrement des bourses chinoises qui inquiète. Avec cette question : Y a-t-il un risque pour nous ?La réponse la plus cflaire à cette question est : non ! Non, l'effondrement spectaculaire des 2 grands marchés boursiers chinois, celui de Shanghai et celui de Shenzhen ne devrait pas entraîner les nôtres dans la tourmente.Pour comprendre, il faut savoir deux, trois choses. D'abord, les marchés financiers chinois sont isolés du reste du monde. Y investir lorsqu'on est une entreprise ou un financier étranger est impossible. Donc lorsque ça baisse, ça baisse pour les Chinois.Par ailleurs, la Chine reste un pays communiste sous bien des aspects : par exemple, sortir ses capitaux pour les investir en France ou aux Etats-Unis est très difficile pour un Chinois ordinaire.Conclusion lorsque les bourses plongent en Chine, les investisseurs chinois n'ont pas la possibilité de compenser leurs pertes en retirant leurs billes sur d'autres marchés financiers mondiaux. C'est entre autre ça qui d'habitude entraine une contagion.Enfin, dernier élément rassurant : le rôle de l'Etat chinois. En Occident, la quasi totalité des marchés boursiers est composée d'actions et d'obligations dont la valeur flotte. En Chine, ses valeurs flottantes ne représentent au mieux qu'une petite moitié du marché.C'est 35% pour Shanghai et 44% pour Shenzhen. Le reste se sont des actions ou des obligations d'entreprises détenues par l'Etat. Donc lorsque ca s'effondre, les valeurs d'Etat plongent aussi. Mais disons que l'Etat chinois a des moyens de contrôle puissants.Donc pas trop de risques pour la France, pour le moment… mais pour l'économie chinoise, est-ce que c'est un problème ? Oui et non. Oui parce que les bourses chinoises sont devenues ces dernières années de véritables casinos pour des millions de petits investisseurs qui y ont placé leurs économies. Pour le moment, ils sont toujours gagnants.Il faut savoir qu'en une année, depuis juin 2014, les deux principales bourses, Shangu-hai et Shenzhen, ont littéralement explosé : + 150% pour Shanghai et +200% pour Shenzhen. Une véritable orgie boursière. Une orgie qui s'est donc achevée très précisément le 12 juin dernier, comme toujours avec une une bonne gueule de bois : Shanghai -30% et Shenzhen -40%. Les chiffres bruts sont même plus impressionnants encore : 2 800 milliards d'euros effacés en un mois !2 800 milliards d'euros ça ne dit rien à personne mais pour vous donner une idée : c'est grosso modo, la richesse produite par la France en un an ! Pshitt, disparu en moins d'un mois. Cela dit, le vrai danger est surtout politique plus d'économique.Expliquez-nous ça ? Le système actuel chinois est fondé sur un principe simple, édicté au début des années 80 par Deng Xioping : enrichissez-vous ! Autrement dit, au parti communiste chinois le pouvoir politique et au Chinois du commun, l'argent et la richesse.C'est ce partage entre les classes moyennes, d'une part, et le parti communiste d'autre part, qui prévaut depuis. Mais cette alliance ne fonctionne que si les classes moyennes continuent de s'enrichir : or ce sont elles qui ont massivement inverti en bourse.En plus, l'Etat est incapable d'arrêter l'hémorragie, c'est-à-dire de rassurer. Là ça devient dangereux : si le contrat tacite entre la classe moyenne et le PC est rompu, si le Parti communiste perd « le mandat du ciel », je ne donne pas cher des princes rouges.

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