Il y a, comme ça, des jours où, même au Proche-Orient, le ciel paraît soudain moins lourd. Commençons par la Palestine. A Ramallah, Mahmoud Abbas, le Président palestinien, a fait savoir, hier soir, qu’il avait fixé, au 31 juillet, la date du référendum qu’il entend organiser sur les objectifs d’une négociation de paix avec Israël. Sous deux mois, les Palestiniens seront appelés à dire « oui » ou « non » au plan dit « des prisonniers », un document élaboré par des figures palestiniennes détenues en Israël et prônant, premièrement, l’arrêt des attentats en territoire israélien et, deuxièmement, la négociation d’un règlement fondé sur la coexistence de deux Etats le long des frontières de 1967. Les Palestiniens seront, en clair, appelés à se prononcer pour ou contre l’arrêt du terrorisme et la reconnaissance d’Israël et tous les sondages annoncent qu’ils se prononceront pour. Alors, oui, bien sûr, le Hamas peut tenter d’empêcher la tenue de ce scrutin. Il en a les moyens puisqu’il dispose des leviers gouvernementaux depuis les élections de janvier mais, outre que ce n’est pas le plus probable car la population est favorable à ce référendum, c’est un gigantesque pas qui vient d’être fait là. Pour la première fois dans l’Histoire, les Palestiniens vont ouvrir un débat national sur ce que pourrait être la paix et c’était aussi inconcevable il y a deux mois que l’avait été, il y a un an, le retrait israélien de Gaza. La route demeure longue mais le chemin fait est grand et c’est le même constat qu’il faut faire, aujourd’hui, sur la crise iranienne. On avait déjà entendu, mardi, Ali Laridjani, le négociateur iranien, porter un jugement somme toute positif sur les propositions de compromis des grandes puissances mais c’est, hier, le Président de la République, le tristement célèbre Mahmoud Ahmadinejad, qui s’est dit prêt à « des discussions sur des préoccupations mutuelles pour résoudre les malentendus » en estimant que les Occidentaux « avaient été forcés de reconnaître la dignité et la grandeur de l’Iran ». Lisons bien. Si cet homme-là voit une victoire de l’Iran dans les propositions des grandes puissances, c’est qu’elles ne lui semblent pas à rejeter et l’on comprend ainsi l’optimisme qu’affichait, hier aussi, Javier Solana, l’émissaire européen envoyé à Téhéran. Tout reste incertain, très difficile, mais la sauce prend et c’est la deuxième bonne nouvelle de cette journée. L’Irak maintenant. Il va de soi - Georges Bush lui-même le reconnaît - que l’élimination du fou sanguinaire qu’était al-Zarqaoui n’y arrêtera pas les violences. Elles n’ont pas cessé hier, 39 morts, 110 blessés. Elles se poursuivront mais l’objectif de cet homme était de précipiter une guerre civile entre sunnites et chiites et sa mort a un impact psychologique d’autant plus fort que sunnites et chiites, hier encore, se sont enfin mis d’accord sur le choix des ministres de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité. La concomitance de ces deux événements pourrait bientôt permettre à Georges Bush d’amorcer un début de rappel des troupes américaines. Ce serait, alors, un troisième changement de taille au Proche-Orient – une troisième lumière au bout du tunnel.

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