Tout va un peu mieux au Proche-Orient, sur trois de ses fronts du moins. Au Liban, d’abord, la coalition conduite par le Hezbollah, par les islamistes chiites proches de l’Iran, a perdu les élections législatives de dimanche ce qui évite, d’un coup, que les régimes arabes ne s’inquiètent d’un renforcement de l’influence iranienne dans la région, que le gouvernement israélien ne s’en émeuve et ne s’en raidisse et que Barack Obama ne soit mis en porte-à-faux dans sa volonté de trouver un compromis avec Téhéran et d’imposer un règlement israélo-palestinien. Non seulement ce résultat dispense la région d’une tension supplémentaire dont elle se passe bien mais les perdants ont très vite reconnu leur défaite tandis que les gagnants, les sunnites alliés à la majorité des chrétiens, se gardaient de tout triomphalisme et tendaient la main à leurs adversaires. Tous les problèmes ne sont pas, d’un coup, résolus dans ce pays. Etat dans l’Etat, le Hezbollah a déjà dit qu’il n’était pas question qu’il renonce à ses arsenaux et intègre ses milices à l’armée nationale. Le Parti de Dieu refuse également toute idée de gouvernement d’union s’il ne devait pas y conserver la minorité de blocage qu’il y avait obtenue après une longue épreuve de force. Ces élections ne garantissent rien à terme mais, malgré tout, l’atmosphère change au Liban, moins tendue, plus démocratique, comme si les deux camps en présence voulaient tabler, le temps de voir, sur la possibilité d’une détente régionale entre les Etats-Unis, la Syrie et l’Iran d’une part, Israël, les Palestiniens et le monde arabe, de l’autre. Et de fait, cette possibilité grandit. Tandis que l’Arabie saoudite et la Jordanie prennent aux mots Barack Obama et le pressent d’imposer à Israël un règlement global dont elles acceptent, ainsi, le principe, Benjamin Nétanyahou paraît, lui, sur le point de bouger. Il prononcera bientôt, dimanche peut-être, un discours dans lequel il précisera sa propre vision d’un accord de paix. Il a appelé, hier, Barack Obama pour se concerter avec lui. Ses collaborateurs commencent à dire, anonymement, qu’Israël ne peut pas se permettre un bras de fer avec les Etats-Unis et devra, donc, trouver une position commune avec leur président qui, pour sa part, a fait savoir qu’il souhaitait, maintenant, l’ouverture de négociations « immédiates » entre les Israéliens, les Palestiniens et les pays arabes. Et puis, enfin, il y a l’Iran. Dans trois jours, trois candidats, un conservateur modéré, un centriste et un réformateur tenteront d’empêcher la réélection du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, qui n’est plus sûr de l’emporter. En une semaine, les débats télévisés l’ont montré agressif, sur la défensive, désarçonné par la convergence des critiques de ses trois adversaires qui, tous, lui reprochent d’avoir mis à mal l’économie, humilié le pays par son « extrémisme » et de systématiquement « mentir » sur tout. Mis en accusation devant tout l’Iran par trois courants du régime, Mahmoud Ahmadinejad paraît tellement isolé que beaucoup d’Iraniens jugent sa défaite inéluctable. On verra mais quelque chose bouge en Iran. Un espoir s’y éveille et, s’il s’avérait, alors, là, la donne change.

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