Une infographie très bien faite de l'Université américaine Dulles...

Une infographie très bien faite de l'Université américaine Dulles, à retrouver ici, s'est intéressée aux origines de l'ensemble des joueurs des 24 équipes de l'Euro 2016 qui débute demain par France – Roumanie. Le résultat est saisissant : toutes les équipes européennes sans exception ont des joueurs d'origine étrangères. Toutes. La Russie, dont le goal est d'origine brésilienne ; le Portugal, dont un milieu de terrain, Carvalho, est d'origine angolaise. Mais aussi l'Espagne qui, plus original, a un joueur d'origine japonaise, l'Italie dont l'avant centre Shaarawy est d'origine égyptienne. La République Tchèque, dont le défenseur Selassié est d'origine éthiopienne.

Même les Polonais, si chatouilleux sur leur identité, n'ont pas barguigné lorsqu'il s'est agi d'ajouter à leur équipe nationale le défenseur d'origine brésilienne Thiago Cionek. Et les Hongrois ont un avant centre serbe, Nikolic, et un autre tchèque, Priskin.

Donc pas une seul équipe monocolore, vraiment ? En fait, il y en a une, et une seule. L'équipe nationale roumaine, qui n'a pas un seul joueur d'origine étrangère en son sein. C'est la seule dont tous les joueurs sont nés en Roumanie, de parents roumains sans autres origine. Et j'ai cliqué partout.

Et le champion d'Europe de la diversité et du multiculturalisme footballistiques, je vous le donne en mille, c'est la France avec 15 joueurs ! La Belgique n'est pas loin, 13 joueurs, l'Allemagne avec 10 joueurs, dont 2 d'origine turques.

En clair, on retrouve dans les équipes de foot deux réalités européennes : celle des pays les plus ouverts à l'immigration et à la diversité, à savoir l'Europe de l'Ouest, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne en tête, mais aussi le Benelux. Et la carte coloniale aussi. C'est-à-dire que l'histoire ne ment pas : les joueurs français d'origine étrangère viennent clairement des anciennes colonies et possessions françaises d'Afrique notamment. C'est aussi le cas pour la Grande-Bretagne, avec ses cinq joueurs Jamaïcains. Le cas le plus amusant peut être est celui que la Belgique dont l'empire colonial se résumait au Congo Belge. Et bien soixante ans après les indépendances africaines, six joueurs belges ont des origines en République démocratique du Congo.

Donc en fait l'Europe du foot est une sorte d'antidote au racisme ... Je ne vais pas relancer à moi tout seul la polémique Benzema sur le racisme supposé d'une partie de la population française, mais parfois ça fait du bien de prendre un peu de hauteur et de ce rendre compte que nous ne sommes pas seuls au monde. La réalité – et elle est têtue – c'est que l'Europe entière est un immense brassage de richesses et de populations, et que les équipes nationales de foot reflètent parfaitement cette entêtante réalité.

Et la réalité, enfin, c'est que personne ne s'étonne plus qu'un Suédois puisse s'appeler Zlatan, que l'Allemand Mesut Ozil soit musulman pratiquant et s'astreigne à faire le Ramadan, ou que le capitaine des Diables Rouges belges soit à moitié Congolais. Les nationalistes hongrois, les populistes néerlandais ou l'extrême-droite française peuvent donc vitupérer ou pester la réalité, c'est que des millions d'Européens vibreront dès demain au rythme des exploits de joueurs venus du monde entier représenter fièrement l'Europe telle qu'elle est, c'est-à-dire diverse, plurielle et jeune.

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