Toutr Eiffel - Union européenne
Toutr Eiffel - Union européenne © y.caradec

François Hollande et Angela Merkel n’ont pas de temps à perdre. Ils devront aller droit au but et sceller au plus vite l’indispensable compromis franco-allemand sur la nature des mesures de relance de la croissance en Europe car, rallumé en Grèce, le feu couve à nouveau dans l’Union.

D’heure en heure, la Grèce s’installe toujours plus dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue. Ses électeurs ont censuré, dimanche, les deux grands partis qui avaient négocié avec le reste de l’Europe et le FMI le plan de sauvetage de leur pays. Les Grecs se sont révoltés contre l’extrême-rigueur qui leur a été imposée en échange de l’aide européenne et internationale. Ils sont d’autant plus vent debout que cette rigueur les enfonce dans la crise puisqu’elle ne fait pas qu’abaisser leurs revenus mais réduit aussi les rentrées fiscales et accroît ainsi l’endettement qu’elle est supposée combattre.

C’est le scénario déflationniste qui menace l’Europe si sa croissance n’est pas dopée mais on y est en Grèce et la composition de la Chambre élue dimanche est telle qu’il est impossible d’y constituer une majorité.

Dès lundi, la droite a renoncé à former un gouvernement. C’est la gauche de la gauche, devenue deuxième parti du pays, qui en est maintenant chargée. Lorsqu’elle aura échoué à se trouver des alliés qu’elle ne fait rien pour s’attirer, ce sont les socialistes qui devront tenter d’inventer une majorité et, très probablement, échouer à leur tour. Il faudra alors rappeler les électeurs aux urnes, dans la troisième semaine de juin, mais il est douteux que cela puisse clarifier le jeu et, entretemps, la Grèce aura couru vers la cessation de paiement et mis en péril la cohésion, si ce n’est l’existence, de la zone euro.

Une tempête se lève. Les Bourses l’anticipent déjà et, ce faisant, la nourrissent puisque rien n’est plus moutonnier que l’argent. Pour toute l’Europe, c’est une situation de crise qui se dessine et si la chancelière allemande et le nouveau président français s’offrent le luxe de mettre la barre haut dans leurs positions de départ et de s’engager dans un long bras de fer, ils ajouteront à la panique et risquent de ne plus rien maîtriser.

L’Europe ne peut pas se permettre d’avoir, en même temps, dans le seul mois de mai, une campagne législative en France, une dégringolade de la Grèce et, en prime, une fausse querelle franco-allemande. Ce serait la recette de la catastrophe et c’est pour cela qu’Angela Merkel et François Hollande, dont les premiers contacts ont été substantiels, doivent d’emblée poser leurs exigences, tracer leurs lignes rouges, définir les compromis possibles et annoncer au plus vite les grandes lignes d’un accord dont on sait déjà ce qu’il doit être.

Ce sera des mesures de libéralisation contre des investissements communs financés par des emprunts européens. Ce sera, à la fois, plus de pilotage économique européen et de déréglementation, une grande coalition gauche-droite à l’échelle franco-allemande, mais si l’on y va par des chemins détournés, si on laisse les marchés s’emballer et ne redonne pas vite de l’espoir aux Européens et, notamment aux Grecs, le meilleur des compromis ne pourra plus rien résoudre car il aura été trop tardif.

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