A moins de trois semaines du vote, les dirigeants européens se retrouvent, sans les Britanniques, pour parler de l’avenir, à la fois les nominations aux postes-clé de l’UE, mais aussi du projet européen en panne.

Les 27 se retrouvent aujourd’hui à Sibiu, en Roumanie, pour un sommet « informel » destiné à préparer l’après-élections européennes.
Les 27 se retrouvent aujourd’hui à Sibiu, en Roumanie, pour un sommet « informel » destiné à préparer l’après-élections européennes. © AFP / Monika Skolimowska / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance

C’est un grand classique, on ne parle pas beaucoup d’Europe dans cette campagne des Européennes. Mais ça n’empêche pas les dirigeants des pays-membres de l’Union de penser déjà à l’après-élection, dans moins de trois semaines.

Les 27 se réunissent donc aujourd’hui à Sibiu, en Roumanie – 27 car le Royaume Uni, bien que toujours pas parti, n’a pas été invité, d’abord parce qu’il s’agit de parler d’un avenir dont il s’est exclu ; mais aussi parce que les Européens en ont assez de voir leurs réunions polluées par le Brexit.

Le sommet de Sibiu est « informel », c’est-à-dire qu’il n’y aura aucune décision ; c’est la moindre des choses juste avant un scrutin. Néanmoins, les chefs d’État et de gouvernement vont évoquer la méthode pour désigner au plus vite les dirigeants des principales institutions, la Commission, la Présidence du Conseil, et le poste à l’importance croissante de Haut Représentant aux affaires étrangères et de sécurité.

Ces choix dépendront en partie des résultats des élections, des rapports de force entre les grands groupes, des possibles coalitions et même des recompositions politiques. Ainsi, on s’attend à une possible scission du Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui quitterait le Parti populaire européen, la droite traditionnelle ; un pas vers l’extrême droite, celle de Matteo Salvini et de Marine Le Pen.

Ces grandes manœuvres se retrouveront dans le choix du Président de la Commission. Le chef de file de la droite européenne, le bavarois Manfred Weber, ne fait pas l’unanimité, y compris dans son propre camp. Le Français Michel Barnier, qui a réussi à garder l’unité des 27 pendant toute la négociation du Brexit, croit en ses chances. Et on avance de nouveau le nom d’Angela Merkel. 

Les libéraux, dont le poids sera renforcé avec les élus macronistes, poussent quant à eux la Commissaire européenne Margrethe Vestager, qui serait un signe sûr de renouveau à la tête de l’UE.

Au-delà des questions de personnes, l’enjeu est surtout de savoir si l’Europe sera en état de surmonter la longue période de doute et de léthargie dans laquelle elle se trouve.

Deux sujets s’imposent : d’abord le climat : et là, la France s’est alliée à sept autres pays (les trois du Benelux, l’Espagne, le Portugal, la Suède et le Danemark) pour proposer cette semaine que l’UE s’engage sur l’objectif de zéro émission nette de CO2 en 2050 ; Il y a un absent de poids parmi les signataires, l’Allemagne, sans laquelle la proposition n’ira pas loin. Un signe des difficultés actuelles entre Paris et Berlin.

Autre sujet, l’autonomie stratégique européenne dans un contexte où, comme le montrent les événements actuels autour de l’Iran, l’Europe n’arrive pas à peser alors qu’elle est en désaccord avec les États-Unis. Une situation qui pourrait amener les Européens à prendre conscience de ce que sera un monde dans lequel l’Europe ne fera que subir.

Ces enjeux sont massifs, existentiels, et ils mériteraient sans doute que les électeurs s’en saisissent à l’heure du choix.

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