Demain samedi, à Bagdad, les Etats-Unis, l’Iran et la Syrie prendront part, ensemble, à une conférence internationale sur la crise irakienne et ses répercussions régionales. Dans les jours qui suivront, le Président palestinien et le premier ministre israélien se retrouveront pour des entretiens en tête-à-tête préparés par leur sommet du mois dernier avec la secrétaire d’Etat américaine. Sous trois semaines, un haut responsable du Département d’Etat se rendra à Damas pour des discussions dont on imagine mal qu’elles se limitent au sort des réfugiés irakiens en Syrie. A la mi-avril, enfin, la conférence de Bagdad devrait se réunir à nouveau, à Istanbul cette fois-ci et non plus au niveau des ambassadeurs mais des ministres des Affaires étrangères. Une nouvelle donne se cherche au Proche-Orient. Ces seuls rendez-vous suffisent à le dire mais sur quoi pourraient-ils déboucher ? Sur rien pourrait-on dire en alignant, à l’appui de ce pessimisme, une longue liste de solides arguments. Ehud Olmert est tellement englué dans les scandales et l’échec subi cet été par l’armée israélienne qu’il n’y a plus que 2% des Israéliens pour le juger crédible et que ce Premier ministre n’a donc plus les moyens politiques d’une relance du processus de paix. Les Palestiniens devraient bientôt finir, eux, par constituer leur gouvernement d’union nationale mais ce n’est pas non plus l’idéal pour négocier un compromis par définition difficile. Coté américain, Georges Bush n’est pas vraiment un grand joueur d’échecs et sa cohabitation avec la majorité démocrate amenuise encore sa crédibilité internationale. Quant à l’Iran, sa scène politique devient une telle foire d’empoigne qu’il n’est guère en position de conduire une réorientation diplomatique demandant unité de commandement, durée et continuité. Rien – c’est le moins qu’on puise dire – n’incite à des débordements d’optimisme mais le fait est en même temps que tous ces arguments sont à double tranchant. Ehud Olmert touche tellement le fond qu’il n’aurait plus rien à perdre à essayer de rebondir par un plan de paix audacieux. Si un gouvernement d’union s’esquisse en Palestine, c’est que les islamistes commencent à ne plus exclure une reconnaissance d’Israël. La débâcle irakienne de Georges Bush est telle qu’il est condamné, pour s’en sortir, à chercher un terrain d’entente avec Damas et Téhéran. Et pour ce qui est de l’Iran, les déchirements publics de son régime n’ont qu’une seule cause : l’inquiétude panique que l’irresponsabilité de Mahmoud Ahmadinejad suscite dans tous les autres courants de cette théocratie. Tout pousse aujourd’hui à de spectaculaires retournements de situation au Proche-Orient. Le problème est que la politique n’est pas faite que de Raison. Encore un mot. L’homme dont on parlait hier, l’ancien ministre iranien disparu depuis un mois à Istanbul, semble retrouvé. A en croire le Washington Post, il aurait fait défection et livrerait d’appréciables informations aux Etats-Unis.

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