Direction les Pays-Bas ce matin où le vent est en train de tourner pour les législatives du 15 mars…

Anthony Bellanger.

Il faut bien sûr rester prudent et se méfier des sondages aux Pays-Bas comme en France ou ailleurs dans le monde. Mais il s’agit moins cette fois de sondages que de tendance lourdes, répétées et ce sur plusieurs semaines.

Et la tendance montre une baisse constante du vote en faveur des populistes aux Pays-Bas : alors qu’ne début d’année, Geert Wilders avait 12 sièges d’avance sur ses concurrents libéraux et socio-démocrates, il n’en conserve plus qu’un !

Un tout petit siège d’avance ou de retard, c’est selon, sur les Libéraux du 1er ministre Mark Rutte qui, lui, opère un rattrapage spectaculaire. C’est à la fois inattendu et surtout inespéré et l’on parle déjà aux Pays-Bas d’un effet Trump.

Quel rapport entre le président américain et le populiste néerlandais ?

Vous voulez dire à part la mèche blonde ? Trêve de plaisanterie : en fait, le sort des deux hommes semble assez lié : Trump est élu, Geert Wilders augmente son score dans les sondages. Trump gouverne, Geert Wilders plonge.

En fait, Geert Wilders souffre de sa proximité affichée avec le programme et les pratiques de Donald Trump. Une erreur que, par exemple, Marine Le Pen ne commet pas : elle prend soin de se tenir à distance du twitter compulsif américain.

Or les 1ères mesures du président américain ressemblent à celles que voudraient adopter Geert Wilders s’il parvenait au pouvoir, comme empêcher les musulmans d’émigrer aux Pays-Bas. Et les Néerlandais ont bien vu que ce n’était pas si simple.

Il y a aussi le cordon sanitaire établi autour du parti de Geert Wilders…

Et qui commence à montrer son efficacité. Qu’est-ce que ce cordon sanitaire ? C’est l’engagement pris par les socio-démocrates et les libéraux de ne pas gouverner avec les populistes de Geert Wilders.

Or aux Pays-Bas, il n’y a pas de prime majoritaire pour le parti arrivé en tête. La proportionnelle est intégrale. Autrement dit, même s’il arrive largement en tête, Geert Wilders devra trouver des partenaires de coalition.

Ce qui semble aujourd’hui impossible. Les Néerlandais viennent de s’en rendre compte et au-delà de la frustration, de la colère ou du rejet des élites, ils veulent un pays gouvernable et une coalition à l’issue de leur vote.

Enfin, mais c’est encore une fois une analyse qui attend confirmation dans les urnes, mais une analyse partagée par pas mal de commentateurs néerlandais : ils ne veulent pas être les prochains sur la liste.

Après le Brexit, l’élection de Donald Trump, les Néerlandais ne veulent pas être le prochain domino sur la liste des prises populistes dans le monde. Comment dire, ils préfèreraient laisser cet honneur aux Français qui, eux, sont aussi sur la liste.

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