Menacé par de nombreuses affaires, Benjamin Netanyahou s'apprête à opposer sa popularité à la Justice

Les Etats-Unis, c’était épatant. Trump en tête, toute la droite américaine l’y a fêté comme l’un des siens mais Benjamin Netanyahou est aujourd’hui de retour en Israël est là, ce qui l'attend est moins rose. 

         Pour échapper à des poursuites judiciaires, trois de ses plus proches collaborateurs ont accepté de témoigner contre lui dans l’une ou l’autre des nombreuses affaires qui le menacent et dont chaque Israélien connait désormais la liste. 

Il y a ces petits plaisirs de la vie, cigares, grands vins et dîners fins que lui-même et sa famille se seraient offerts aux frais du contribuable ou de riches amis qui en attendaient, forcément, une compréhension du Premier ministre. En tout, il y en aurait pour près de trois cent mille dollars, une vraie somme mais bien peu de choses, en fait, à côté de ces vrais scandales d’Etat que seraient, s’ils étaient prouvés car ils restent à prouver, une tentative de corruption de magistrat, des commissions sur un contrat d’armement et ces négociations avec des propriétaires de journaux en vue de leur assurer d’importants avantages industriels en échange d’une couverture de presse favorable. 

Dès le 13 février, la police israélienne avait recommandé à la magistrature l’inculpation de Benjamin Netanyahou dans deux de ces dossiers. De nouvelles révélations devraient suivre mais « Bibi », comme amis et adversaires l’appellent en Israël, ne laisse pas voir la moindre inquiétude. 

Pour lui, tout cela ne relève que d’un harcèlement policier visant à le faire tomber. Ce qu’il veut dire par là – et l’électorat de droite le reçoit 5 sur 5 – est que la police et la magistrature seraient aux mains des Travaillistes qui avaient fondé cet Etat et que les juges, les policiers et la gauche autrefois hégémonique constitueraient une élite qui n’a jamais accepté que la droite ait pris les commandes d’Israël. 

 Benjamin Netanyahou lit les sondages. Tous lui disent que sa popularité est intacte et qu’en cas d’élections anticipées son parti, le Likoud, progresserait encore en nombre de voix et donc de sièges. Politiquement parlant, il est fort et se sait fort car la gauche israélienne subit deux crises en même temps, celle que traverse toutes les social-démocraties occidentales et celle, spécifiquement israélienne, qu’a provoquée l’échec du processus de paix que les Travaillistes avaient engagé à Oslo. 

Premier ministre depuis neuf ans après un premier mandat qui lui avait permis de libéraliser l’économie israélienne à la fin du siècle dernier, Benjamin Netanyahou règne sur un désert politique et se sent d’autant moins inquiet que la situation économique est bonne. Qu’il anticipe ou non les élections, il s’apprête à opposer sa légitimité politique à la loi, sa popularité à la Justice et ce bras de fer malmène la démocratie. 

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.