Devenu relatif, le suspense va prendre fin. C’est en effet demain que le Premier ministre britannique énumérera, dans une lettre au Conseil européen, les conditions qu’il met pour faire campagne en faveur d’un maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union lors du référendum qu’il organisera sous deux ans au plus tard.

À en croire de nombreuses fuites, la première de ces conditions serait que les traités reconnaissent la place particulière que son pays occupe dans l’Union avec son refus de rejoindre la zone euro et de s’intégrer à l’espace Schengen. La deuxième serait que l’Union renonce à définir l’euro comme sa monnaie unique et admette avoir, au contraire, plusieurs devises dont, naturellement, la Livre sterling. La troisième serait que l’Union remette à plat les règles et dispositions - reste à voir lesquelles - qui freineraient sa compétitivité.

La quatrième serait que la notion « d’unité toujours plus étroite » par laquelle les traités inscrivent l’Union dans perspective fédérale ne s’applique plus à la Grande-Bretagne. Quant à la cinquième, elle serait que Londres puisse s’accorder un délai de quatre ans avant de verser aux salariés venant d’autres pays de l’Union certaines des prestations sociales britanniques auxquelles ils ont droit comme citoyens européens.

Si les formulations et procédures nécessaires sont trouvées, les quatre premières de ces conditions devraient pouvoir être satisfaites bien qu’il soit étrange qu’un gouvernement donné veuille interdire aux gouvernements qui lui succéderont de faire des choix différents. Sur ces quatre points, des compromis peuvent être trouvés mais il n’en va pas de même du cinquième car il mettrait en question la liberté de circulation dans l’Union et l’égalité de traitement à laquelle ses citoyens ont droit.

C’est sur ce point que les discussions risquent de buter et cela d’autant plus que c’est celui qui est le plus sensible dans l’opinion britannique et auquel de nombreux autres pays européens, Pologne en tête, sont le plus opposés car beaucoup de leurs ressortissants travaillent au Royaume-Uni et y paient des impôts. Personne ne souhaite que la Grande-Bretagne sorte de l’Union. David Cameron lui-même, son Premier ministre, n’y est pas favorable mais cette promesse de référendum qu’il avait faite pour se faire réélire le lie désormais et menace tout l’Union.

Il est maintenant possible, non pas du tout certain mais possible, que la Grande-Bretagne sorte de l'Union et les conséquences en seraient totalement contradictoires.

D’un côté, l’Union pourrait alors aller de l’avant, enfin débarrassée du pays qui s’est assis sur le frein depuis qu’il y est entré. De l’autre, une sortie britannique, un Brexit, encouragerait tous les partis europhobes de l’Union, créerait un précédent et pourrait, surtout, conduire l’Ecosse à sortir de la Grande-Bretagne parce que les indépendantistes y ont le vent en poupe et qu’elle est très massivement attachée à l’Union.

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