C’est une date. C’est un tournant historique car, avec la victoire de Donald Trump, le monde entre dans une nouvelle ère pour trois raisons.

La première est que la politique étrangère des Etats-Unis, de la première puissance économique et militaire du monde, sera désormais dictée par l’isolationnisme et l’unilatéralisme. L’Amérique du président Trump ne se sentira plus en charge de la stabilité internationale et, lorsqu’elle considérera que ses intérêts propres sont en jeu, elle agira seule, hors des obligations de la charte de l’Onu et de toute recherche de consensus avec ses alliés, notamment européens.

Comme Donald Trump n’a cessé de le dire durant sa campagne, ce sera « America first », l’Amérique d’abord, et il est ainsi probable que le nouveau président recherchera un nouveau consensus avec la Russie aux termes duquel il laisserait les mains libres à Vladimir Poutine en Ukraine comme en Syrie à condition qu’il ne défie pas les Etats-Unis sur d’autres terrains, pas plus en Asie qu’en Europe occidentale.

Sous Trump, on pourrait assister à un nouveau partage du monde dont les Syriens et les Ukrainiens feraient les frais et à un affaiblissement aussi de l’Alliance atlantique car ce nouveau président n’est pas du tout disposé, il l’a clairement dit, à continuer à faire financer par les contribuables américains la protection de pays alliés qui ne veulent pas investir dans leur Défense.

Le deuxième changement qui s’annonce est que les Etats-Unis tourneront maintenant le dos à la lutte contre le réchauffement climatique – Donald Trump n’y croit pas – et aux grands accords de libre échange dont l’Amérique plaidait la nécessité depuis quelques 25 ans.

Ces accords sont aussi impopulaires aux Etats-Unis qu’en Europe. Donald Trump n’en veut plus parce qu’il a promis à ses électeurs de protéger leurs usines et leurs emplois de toute concurrence étrangère. Le monde pourrait ainsi renouer avec le protectionnisme dont les dangers sont encore plus grands que ceux du libre échange. En économie, le monde pourrait bien en revenir à une phase nationaliste dont la dynamique est extrêmement inquiétante.

Et puis, troisième changement, les Etats-Unis pourraient maintenant entrer dans un bras de fer avec la Chine en refusant de continuer à laisser envahir leurs étals de produits à bas prix qui tuent les usines et la production américaines.

Si c’est bien le cas, la Chine pourrait riposter en freinant ses importations des Etats-Unis et ces deux géants pourraient l’un et l’autre s’en porter aussi mal.

Voilà pour la scène internationale et quant à la scène intérieure, c’est le mystère. Ce que les électeurs de Donald Trump attendent de lui, c’est qu’il réduise les inégalités qui se sont tant accrues depuis un quart de siècle mais on voit mal un multimilliardaire tellement habile à échapper à l’impôt en revenir à la redistribution fiscale des années 30 et de l’après-guerre.

Pour ce nouveau président, ce serait le moment de vérité et il n’est pas du tout certain qu’il sache y faire face.

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