60 dirigeants internationaux se retrouvent dimanche à Paris pour commémorer la fin de la Première guerre mondiale, à un moment où la gouvernance globale est en crise. La France a aussi invité les sociétés civiles parallèlement aux cérémonies officielles.

Le 18 janvier 1919 à l'ouverture de la Conférence de la paix à Paris : (de g à dr) le britannique Lloyd George, l'italien Vittorio Orlando, le français Georges Clémenceau, et l'américain Woodrow Wilson.
Le 18 janvier 1919 à l'ouverture de la Conférence de la paix à Paris : (de g à dr) le britannique Lloyd George, l'italien Vittorio Orlando, le français Georges Clémenceau, et l'américain Woodrow Wilson. © AFP / ARCHIVES / AFP

Il y a cent ans, alors que s’achevait le Premier conflit mondial, le monde était en piteux état. Non seulement en raison des ravages de la guerre, mais aussi parce que le monde d’avant, celui des empires, s’était effondré sans pour autant laisser la place à un autre plus stable.

Une soixantaine de dirigeants seront à Paris dimanche pour commémorer la fin de la Grande Guerre, à un moment où le monde va de nouveau plutôt mal. Les références historiques ne manquent pas ces derniers temps : pour certains, nous serions en 1913 ; d’autres, dont Emmanuel Macron, font le parallèle avec les années 30 ; d’autres enfin, avec la guerre froide.

Ce qui est sûr, c’est que la gouvernance mondiale fonctionne aussi mal qu’à chacune de ces époques troublées. Les Nations Unies ont pris en 1945 la place de la Société des Nations défaillante ; mais l’ONU est aujourd’hui dans le même état d’impuissance que son ancêtre. 

Les 350 000 morts du conflit syrien attestent de l’inexistence d’une communauté internationale capable de sauver, ou de rétablir la paix comme se le promettent les États à chaque désastre mondial.

Non seulement l’espoir de « la der des der », comme on disait en 1918, n’a pas été réalisé, mais les conditions de la fin de la guerre elles-mêmes ont porté en germe les conflits suivants.

Ce fut évidemment le cas de la Seconde guerre mondiale, mais pas seulement. On ne compte pas les foyers de conflit dans le monde aujourd’hui directement liés à des problèmes mal réglés après 1918.

On pense à la Palestine dont le traité de Sèvres de 1920 prévoyait qu’elle abriterait un « foyer national pour le peuple juif », étant bien entendu, ajoutait le traité, « que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des Communautés non juives ». L’histoire en a décidé autrement. Idem pour le peuple kurde, auquel le même traité de Sèvres promettait un État. Un siècle après, il attend toujours.

Les concertations parallèles ne manqueront pas en marge des cérémonies de Paris, mais le climat international ne porte pas à l’optimisme.

C’est la raison pour laquelle la France organise aussi un Forum de Paris sur la paix, qui, pendant trois jours, réunira une partie des dirigeants politiques -sans Donald Trump- mais aussi de nombreux représentants des sociétés civiles du monde entier. 

Ce Forum sera ouvert par Antonio Gutteres, le Secrétaire Général de l’ONU, pour bien montrer le rôle central des institutions multilatérales dans la gouvernance.

Un appel à projets de la société civile a été lancé en vue de ce forum, et 120 ont été retenus, en provenance de 42 pays, qui seront présentés au Forum. L’initiative est louable car elle associe les sociétés et les peuples au débat sur la gouvernance qui ne doit pas rester confinés aux seuls États. 

Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions : Trump ou Poutine viendront à Paris verser leur obole à la paix, avant de faire l’inverse une fois repartis.

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