Ce n’est encore qu’une possibilité. Ce n’est que dans huit jours, mercredi prochain, à l’issue des nouvelles négociations de Genève entre l’Iran et les grandes puissances que l’on saura si l’on s’achemine vraiment vers un compromis sur le dossier nucléaire et, donc, une levée des sanctions économiques internationales frappant la République islamique mais cette seule éventualité donne déjà le vertige aux pays et industriels qui pourraient y reprendre pied.

La raison en est que l’Iran pourrait vite devenir un eldorado. Aujourd’hui en proie à une inflation galopante et presque totalement coupé des échanges commerciaux par les sanctions que lui a values sa marche vers la bombe, ce pays n’en est pas moins virtuellement riche, immensément riche. Grand comme trois fois la France et peuplé de près de 80 millions d’habitants, l’Iran est riche de son gaz, de son pétrole, d’une très ancienne culture, d’entrepreneurs dynamiques et d’une jeunesse remarquablement bien formée.

C’est un pays qui a besoin de tout, de biens de consommation, de nouvelles infrastructures et, avant tout, d’une modernisation de ses industries pétrolière et gazière. C’est un pays où les contrats pourraient vite se signer à la pelle et c’est pour cela que les multinationales fourbissent leurs offres et dépêchent des émissaires à Téhéran, que les entreprises iraniennes et étrangères reprennent langue dans le Golfe, que la France va très prochainement étoffer son ambassade et ses services commerciaux dans la capitale iranienne, que la Grande-Bretagne a amorcé, hier, un rétablissement de ses relations diplomatiques avec l’Iran et que personne, en un mot, aucun pays, aucun exportateur, ne veut être le dernier à replacer ses pions sur un marché tellement prometteur.

C’est logique. C’est le contraire qui serait étonnant, mais quelles sont les chances de ce compromis sur le nucléaire dont tout dépendra ?

D’un côté, le régime iranien en a besoin parce qu’il ne peut pas continuer de courir à la faillite économique, risquer de sérieux troubles sociaux et décevoir sa population qui a massivement voté pour une normalisation avec les grandes puissances en plébiscitant, à la présidentielle de juin dernier, Hassan Rohani, celui des candidats qui avait promis d’en faire sa priorité. D’u côté, le régime et son Guise suprême, le très conservateur Ali Khamenei, ne peuvent pas contrarier la volonté d’ouverture du nouveau président sans aller au devant de grands dangers économiques et politiques mais, de l’autre, la conclusion d’un compromis sur le nucléaire et la levée des sanctions donneraient une telle popularité à Hassan Rohani et aux réformateurs qui le soutiennent que le Guide et le clan conservateur ne peuvent qu’hésiter.

S’ils laissent ce nouveau président réussir à réintégrer l’Iran sur la scène internationale, cela créera un tel appel d’air économique et politique dans le pays que le régime devra profondément changer. S’ils l’en empêchent, ce régime s’affaiblira toujours plus. C’est le dilemme de la théocratie mais les marchés parient, eux, sur une percée.

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