Il se passe quelque chose en Corée du Nord mais le problème est qu’on ignore quoi. Le premier des trois mystères suscitant aujourd’hui les plus folles rumeurs dans toute l’Asie est que le dirigeant de ce pays, un pays communiste encore plus abominable que ne l’était l’URSS de Staline, n’a plus été vu depuis le 3 septembre dernier.

Petit-fils du fondateur du régime et au pouvoir depuis 2011, année de la mort de son père dont il avait pris la succession puisque c’est une dynastie qui est aux commandes depuis quelques 70 ans à Pyongyang, Kim Jong Un, 31 ans, s’est ainsi fait remarquer par son absence en trois occasions notables. Il n’était pas aux cérémonies d’anniversaire de la fondation du régime le 9 septembre. On ne l’a pas plus vu le 25 à l’ouverture de la session de l’Assemblée populaire suprême et il n’était pas non plus présent, avant-hier, au 17ième anniversaire de l’entrée de son père en fonctions.

On l’avait vu claudiquer en juillet. Il n’a pas cessé de grossir depuis qu’il dirige le pays et la télévision - la télévision d’Etat cela va sans dire - l’a un jour dit « indisposé » sans autres détails et sans jamais revenir sur ce problème de santé. Alors ?

Eh bien on n’en sait rien mais samedi dernier, une délégation nord-coréenne a soudain débarqué en Corée du Sud à l’occasion des cérémonies de clôture des Jeux asiatiques. Les deux pays sont toujours en guerre depuis le conflit qui avait coupé la péninsule coréenne en deux Etats au début des années 50. Leurs relations sont tout particulièrement exécrables depuis 2010 mais cette délégation n’était que sourires, accolades et bonnes paroles et une réouverture du dialogue entre les deux Corée est maintenant au programme.

Pourquoi ce soudain changement de ton ? Pourrait-il être lié à l’absence de Kim Jung Un ? On ne le sait pas plus mais le plus intriguant en l’affaire, le troisième mystère, est qu’aux côtés de responsables des relations avec Séoul et des questions sportives, le troisième des dignitaire à avoir fait ce déplacement est un homme de l’ombre et réputé très puissant, Hwang Pyong-so, qui vient d’être promu vice-président de la Commission de la Défense nationale, l’instance suprême de l’armée que préside le désormais invisible Kim Jong Un.

De là à dire qu’il y aurait eu une révolution de palais à Pyongyang et que le nouvel homme fort y serait devenu Hwang Pyong-so, il n’y a qu’un pas que des analystes n’hésitent pas à franchir mais par simple construction intellectuelle. Personne n’en sait en fait rien mais il ne s’en dit pas moins que ce serait la sœur de Kim Jong-Un, une jeune fille de 27 ans qui aurait été la favorite de leur père, qui signerait désormais les documents officiels à la place de son frère. Ce n’est pas plus avéré mais ce qui l’est en revanche est que, totalement isolée et confrontée aux pires difficultés économiques, la Corée du Nord cherche à rouvrir des négociations sur son programme nucléaire et que son ministre des Affaires étrangères s’y emploie très activement.

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