Un nouveau front, un de plus, s’est ouvert au Proche-Orient. Il y a huit jours maintenant que, couteaux ou armes à feu, les agressions de jeunes Palestiniens contre des Israéliens y sont devenues quasi quotidiennes.

Cela peut se produire n’importe où, n’importe quand, toujours à l’improviste. Ce ne sont pas des groupes organisés et facilement repérables qui passent à l’action. Ce ne sont plus des obus partant de Gaza, une guérilla à laquelle Israël pouvait répondre par la guerre. Non, ce sont des individus qui mènent une guerre individuelle face à laquelle il n’y a pas grand-chose à faire car comment prévoir d’où, de qui, quand, le coup viendra ?

On ne le peut pas. Sauf à consigner tous les Palestiniens chez eux - comment et jusqu’à quand ? - Israël est aujourd’hui face à un problème de sécurité qui n’a pas de solution et sème un trouble grandissant parmi ses citoyens. Personne ne veut céder à la peur mais chacun, forcément, se demande si les courses à l’épicerie du coin ou l’attente à la sortie de l’école ne lui seront pas fatales.

Benjamin Netanyahou, le Premier ministre, tonne bien sûr.

Il promet un « combat jusqu’à la mort » aux auteurs de ces agressions et donne pratiquement carte blanche aux forces de sécurité qui tirent à chaque incident. Le Premier ministre se veut fort et rassurant mais, outre que la force sanctionne mais ne prévient pas, Benjamin Netanyahou est pris en étau entre la prudence que requiert ce défi d’un nouveau type et les pressions de l’extrême-droite israélienne avec laquelle il gouverne.

Pour les nationalistes, les colons et la droite religieuse, la seule réponse serait de développer les colonies de peuplement dans les territoires palestiniens dont ils veulent l’annexion. Ils pressent le Premier ministre de s’engager sur cette voie mais Benjamin Netanyahou sait bien que la rupture serait alors consommée avec l’Autorité palestinienne, que son président, Mahmoud Abbas, perdrait tout contrôle de la situation, qu’une anarchie autrement plus grave s’ensuivrait et qu’Israël se retrouverait encore plus isolé qu’il ne l’est déjà sur la scène internationale.

Si ce mouvement ne s’épuise pas de lui-même, la situation deviendra vraiment redoutable pour Israël qui paie là le complet échec du processus de paix et les deux conséquences de ce blocage sur sa scène intérieure, l’atomisation de sa gauche et la montée de ses droites les plus dures.

A peu près systématique, l’exécution des agresseurs sitôt qu’ils frappent peut tout aussi bien réduire que multiplier leur nombre. On ne sait pas et le grand paradoxe de ce moment est qu’Israël n’est plus aujourd’hui face au monde musulman mais partie prenante à ses divisions car, face à l’Iran, il est de fait devenu l’allié des pays sunnites.

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