Après un tel revers, d’autres auraient oublié leurs convictions mais pas elle...

Désavouée, dimanche, par les électeurs du land de Mecklembourg Poméranie occidentale qui lui reprochent sa politique d’accueil des réfugiés, humiliée par cette défaite qui a vu la démocratie chrétienne, son parti, arriver deux points derrière la nouvelle extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne, l’AfD, Mme Merkel a relevé le gant.

« Je suis certaine que si nous disons la vérité, nous regagnerons la confiance », déclarait-elle mercredi devant le Bundestag. « Si nous commençons à nous orienter en fonction de ceux qui ne sont pas intéressés à apporter des solutions, a-t-elle ajouté, c’est nous qui perdrons la boussole ». « Si nous nous lançons dans une escalade, a-t-elle encore dit, ce sont ceux qui jouent sur les paroles fortes et les solutions simplistes qui l’emporterons ».

Angela Merkel a, en un mot, appelé à ne pas croire que le seul moyen de contrer les extrêmes-droites serait d’adopter leurs discours et il faut l’en remercier. Il faut l’en applaudir car enfin, dans ce débat sur les réfugiés, qui dit vrai ? Est-ce l’AfD, le Front national et leurs amis des autres pays européens qui agitent le chiffon rouge d’une invasion de l’Europe par des hordes islamistes prêtes à semer la terreur, imposer la charia et soumettre la chrétienté aux mahométans ?

Est-ce cela la vérité ou bien est-elle, comme le disent le Pape François, la chancelière allemande et la Commission européennes qu’une Union de 500 millions d’habitants a tous les moyens d’accueillir décemment un million de malheureux fuyant une mort certaine ; que nous ne pouvons pas dénoncer la barbarie de la dictature Assad et la folie sanguinaire de Daesh et refuser de tendre la main à leurs victimes ; que des pays, les nôtres, dont l’identité a été façonnée par les Lumières et le christianisme ne peuvent pas tourner le dos à leurs principes sans dire qu’ils ne seraient que vains mots et mensonges bons à nous draper de vertu mais pas à nous appliquer à nous-mêmes ?

Ces réfugiés ne sont pas des barbares mais des hommes, des femmes, des enfants, des familles des classes moyennes le plus souvent, que l’islamisme et la dictature ont chassé de chez eux. Ce sont nos alliés contre Daesh, les dictatures et le fanatisme religieux et si la compassion nous reste étrangère, nous devrions au moins écouter notre intérêt qui est de ne pas donner armes et raison aux islamistes qui martèlent jour et nuit que nous serions d’irréductibles ennemis de l’islam que tous les musulmans devraient combattre.

En écoutant les extrêmes droites, en niant notre identité et nous laissant aveugler par la peur, nous nous ferions les sergents recruteurs du djihad, nous perdrions nos alliés des mondes arabes et c’est alors que nous nous engagerions vraiment dans cette guerre des civilisations que les islamistes voudraient tant susciter. Les extrêmes droites sont nos mauvais bergers et c’est ce que dit Mme Merkel, fermement et lucidement.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.