C'est l'adieu aux armes pour les séparatistes basques qui, de 1968 à 2011, ont miné la vie politique et sécuritaire de notre voisin espagnol.

ETA a donc indiqué à la police 8 caches et remis 118 armes à feu, près de 3T d'explosifs et 25 000 munitions.

L'ensemble de ces caches de trouvait côté français, ce qui confirme ce que tout le monde a toujours su : les attentats, c'était pour les Espagnols, les caches et le « repli stratégique », c'était en France. L'ETA en a joué des années durant.

Mais surtout, il ne faut pas se tromper : hier, en fêtant au Pays Basque français le « jour du désarmement », comme ils l'ont appelé, les derniers sympathisants des nationalistes basques, et aussi une partie de la gauche radicale, ont voulu faire passer un message.

Selon eux il n'y aurait « ni gagnant, ni perdant » dans cette guerre civile de 40 ans qui a fait, il faut toujours le rappeler, 800 victimes dont des attentats monstrueux, comme la bombe posée dans un supermarché à Barcelone en 1987 : 21 morts, 45 blessés.

Si je comprends bien, selon vous, ce « ni perdant, ni gagnant » est faux ?

C'est même un mensonge. Parce qu'il y bien un vaincu et ETA a perdu la guerre, nettement, définitivement, tant du point de vue militaire que politique.

D'un point de vue militaire, ETA a été soufflé par plus cruel qu'eux : le terrorisme islamiste. Le 11 mars 2014, en tuant 191 personnes dans des trains de banlieue à Madrid, les Islamistes ont rendu impossible la poursuite d'un terrorisme concurrent.

Mais le plus important est ailleurs. La partie a commencé à être perdue pour ETA, lorsque l'Etat espagnol a cessé de jouer à la guerre sale et à commencer à croire dans les ressources de la démocratie.

Ça s'est passé au tournant des années 90 : finies les barbouzeries, les tortures dans les commissariats ou les procès expédiés : la loi, toute la loi, rien que la loi.

Et ça a suffi pour défaire l'ETA ?

Ca a pris des années et des juges aussi inflexibles qu'impeccables comme le fameux juge Garzón. Puis, il a fallu aussi que les autorités françaises cessent de jouer au plus malin en ménageant la chèvre basque et le chou espagnol.

Il faut d'ailleurs à cette occasion rendre hommage à Jacques Chirac mais aussi et surtout à Nicolas Sarkozy qui, d'abord à l'Intérieur puis à l’Elysée, n'a jamais dévié : coopération absolue et sans arrière-pensée avec l'Espagne.

Etouffé par l'islamisme, la coopération policière franco-espagnole, l'application stricte de la loi, l'ETA s'est rendue à l'évidence : sa guerre était perdue et le seul moyen d'en sortir par le haut était d'organiser son propre démantèlement.

C'est à ce moment qu'est venu le coup de grâce, mais politique cette fois. Dans le meilleur des cas, les nationalistes radicaux basques représentaient autour de 20% des suffrages côté espagnol. Ils espéraient bien capitaliser sur ce petit magot électoral pour cogérer la région.

C'est raté : sur leur gauche, ils se sont fait tondre comme des moutons par plus jeune et plus universalistes qu'eux, Podemos, l'équivalent espagnol de La France insoumise de Mélenchon

A droite, impossible de déloger le Parti national basque, le PNV de papa et de grand-papa. Coincé et même ringardisés. C'est la démonstration par la preuve que, comme disait Mitterrand, le nationalisme en Europe, c'est la guerre et j'ajouterais : et en plus la défaite !

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