Peut-il battre Georges Bush ? « Non », répondent les politologues et les éditorialistes américains mais on n’est pas forcé de les croire. Il y a quelques mois encore, tous prédisaient en effet que, malgré son bon début de campagne, Howard Dean, ancien gouverneur du Vermont, n’arriverait jamais à s’imposer comme le cnadidat démocrate à la prochaine présidentielle. Il s’effondrera vite, disaient-ils, mais Howard Dean est, aujourd’hui, si largement en tête des prétendants à l’investiture démocrate que tout le monde s’accorde à reconnaître, devant les chiffres, qu’il a, en fait, toute chance d’être l’adversaire du président sortant en novembre 2004. Alors… ? Pourrait-il battre Georges Bush ? Ses chances sont minces. L’économie américaine est en bonne forme même si le creusement des déficits ne promet pas de lendemains qui chantent. D’ici l’été, Georges Bush, aura amorcé un retrait d’Irak, repassé aux Irakiens les commandes politiques de leur pays et proclamera sa mission accomplie, Saddam Hussein chassé du pouvoir et la démocratie en bonne voie à Bagdad. Personne n’y croira vraiment mais des soldats retrouveront leur famille, l’Amérique, soulagée de sortir de ce bourbier, ne voudra pas trop penser aux conséquences de cette aventure. Georges Bush n’aura pas de handicap majeur. A priori, c’est vrai, son élection est acquise mais un an c’est long. En une année, bien des choses peuvent se passer, la situation irakienne peut devenir incontrôlable et contrarier les plans politiques des conseillers de la Maison-Blanche, une nouvelle crise peut éclater, ailleurs, et ternir encore l’image d’un Président qui ne cesse, après tout, de reculer dans les sondages. Pour l’heure Howard Dean n’est pas le favori de la prochaine présidentielle mais, outre que Georges Bush n’est pas à l’abri d’un déboire, la personnalité de de démocrate pourrait bien créer la surprise. « Trop à gauche », disent les journaux. Ils le disent car il y a une passion chez ce médecin, un côté radical qui lui a fait immédiatement prendre position contre l’intervention en Irak, bien avant qu’elle ne tourne mal, à l’heure où la grande majorité des sénateurs et des Représentants démocrates accordaient, au contraire, un blanc-seing à Georges Bush. Il l’a fait sans calcul, parce qu’il était convaincu que ce projet était une mauvaise idée et l’a fait avec une telle conviction, suscitant un tel enthousiasme chez les plus jeunes, les plus pacifistes et les plus à gauche des démocrates qu’on a oublié qu’Howard Dean est un centriste, ardent partisan des équilibres budgétaires et de la modération fiscale, qu’il est même à la droite du parti sur la peine de mort et le port d’armes qu’il approuve l’une et l’autre. L’Irak l’a positionné à gauche, lui a acquis les militants de base qui lui ont envoyé tant de contributions financières individuelles qu’il est désormais le plus riche des prétendants à l’investiture mais on va voir apparaître maintenant un autre Dean, défenseur de la loi, de l’ordre et de la rigueur économique. Après Dean le radical et le clairvoyant, ce sera Dean le conservateur, un candidat couvrant tout le champ démocrate, des contestataires aux modérés. Howard Dean est loin d’avoir perdu d’avance et ce n’est pas pour rien qu’Al Gore, l’adversaire malheureux de Georges Bush, vient d’annoncer, hier, qu’il le soutenait.

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