Le continent Europe est essentiellement composé de l’Union européenne et de la Fédération de Russie. Normalement, logiquement, ces deux ensembles de même culture devraient être liés par des accords de sécurité et de coopération assurant leur prospérité commune et la stabilité continentale, de Brest à Vladivostok.

Tout le commanderait puisque chacun d’eux dispose de ce que l’autre n’a pas, une abondance de matières premières dans la Fédération et des industries de pointes dans l’Union. En organisant leur complémentarité, l’Union et la Fédération pourraient tout mais ce rêve de la « maison commune européenne » qui avait été celui de la perestroïka s’est perdu sous un amas de rancoeurs et de peurs réciproques.

Les causes en sont anciennes puisqu'elles remontent à la fin des années 80, lorsque ni les Russes ni les Occidentaux n’avaient cru à la sincérité de Gorbatchev. Les Occidentaux avaient alors refusé de l’aider à maîtriser la transition démocratique à laquelle il aspirait. A l’évolution qu’il incarnait, les Russes et les autres peuples soviétiques avaient bientôt préféré la révolution proposée par Boris Eltsine.

Sous cet alcoolique sans vision, la Russie avait ainsi perdu, du jour au lendemain, un empire séculaire pour entrer dans une période de privatisations sauvages, de règne de l’argent et de subordination aux Etats-Unis. Jamais la Russie n’avait été autant humilié de son histoire et, lorsque Eltsine a sombré dans les scandales et l’alcool, c’est en vengeur que les Russes ont accueilli le jeune espion tout en muscles que les grandes fortunes et les services secrets leur proposaient comme nouveau président.

Vladimir Poutine, c’était l’arrivée au pouvoir des deuxièmes couteaux du KGB, de ces obscurs subalternes qui n’avaient rien compris à la nécessité du changement, méprisaient Gorbatchev d’avoir baissé la garde et détestaient toute liberté, celle de la presse avant tout.

Revenue à l’autoritarisme, la Russie venait une nouvelle fois de rater son ancrage européen et les Occidentaux, de leur côté, ont une nouvelle fois raté le coche. Au lieu de voir la profondeur du désir de réaffirmation de la Russie, ils ont continué à la traiter en quantité négligeable. Au lieu de lui proposer un modus vivendi que l’argent et les élites russes souhaitaient ardemment, ils ont fait comme si le plus étendu des pays du monde avait disparu de la carte et, de la Géorgie à la Syrie en passent par l’Ukraine, c’est à leur bon souvenir que Vladimir Poutine se rappelle.

Nullement surprenant, il y a désormais un revanchisme russe, d’autant plus inquiétant que les Etats-Unis sont tout occupés à l’Asie et que l’Union se perd dans les nostalgies nationales. Malgré ses caisses vides, la Russie s’enivre d’elle-même. L’Union se défait. Toutes deux y perdront. Le gâchis est complet.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.