En Ukraine comme au Proche-Orient, le président russe risque maintenant l'enlisement

Limitrophe de la Turquie, la province syrienne d’Idleb est la seule à encore entièrement échapper au contrôle de Damas. Appuyées par l’aviation russe, les troupes de Bachar al-Assad ont donc entrepris de la reconquérir mais cette offensive provoque de graves tensions entre la Turquie, d’une part, la Russie et l’Iran, de l’autre, trois pays pourtant supposés faire front dans la recherche d’un accord de paix entre l’opposition et le régime.

           Les Turcs reprochent à leurs amis russes et iraniens de pousser de nouvelles vagues de réfugiés vers leurs frontières en violant le statut de « zone de désescalade » qu’ils avaient accordé ensemble à cette province. Les Turcs ont convoqué, hier, les ambassadeurs russe et iranien et laissent entendre que les nouveaux pourparlers de paix que Moscou entend organiser à la fin du mois pourraient être ainsi compromis.

 C’est un sérieux revers pour Vladimir Poutine qui souhaitait entamer sa campagne pour la présidentielle de mars prochain en homme qui avait mis fin à sept années de guerre. Au lieu de cela, le voilà pris entre des Iraniens qui veulent l’éradication de l’opposition sunnite et le triomphe du régime de Damas et des Turcs qui ne veulent pas d’une totale victoire de Bachar al-Assad mais d’un compromis avec ceux des opposants qu’ils soutiennent. 

             Vladimir Poutine risque, autrement dit, de s’enliser dans un conflit dont il voudrait pouvoir, au contraire, se sortir au plus vite car il n’y a pas qu’au Proche-Orient que ses aventures extérieures commencent à mal tourner. 

             Alors qu’il avait espéré que l’élection de Donald Trump lui permettrait de ressusciter une forme de partage du monde, les enquêtes américaines sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle empêchent au contraire tout rapprochement entre la Maison-Blanche et le Kremlin et les Américains s’apprêtent même à livrer de nouvelles armes à l’Ukraine, notamment antichars.             

             En Ukraine orientale , la partie va devenir beaucoup plus compliquée pour le président russe qu’elle ne l’était déjà et puis il y a eu ces mystérieuses attaques contre les bases russes en Syrie. 

              Commises dans la nuit du Réveillon, les premières auraient blessé dix militaires et causé la destruction d’un dépôt de munitions et de sept avions de combat. « Fausses informations », dit le ministère russe de la Défense qui reconnait cependant l’attaque et celles aussi, aux drones cette fois-ci, qui ont suivi cinq jours plus tard. Tout cela ressemble à un avertissement que seule pouvait donner une grande puissance. Pas plus en Ukraine qu’en Syrie, Vladimir Poutine n’a les mains libres et cela le met en bien mauvaise posture.

    

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