les élus de crimée votent le rattachement à  la russie
les élus de crimée votent le rattachement à la russie © reuters

Ce n’est dans l’intérêt de personne mais, pour l’heure, on y va. L’Europe, la Russie, les Etats-Unis et l’Ukraine bien sûr auraient tous à souffrir d’une réduction et, plus encore, d’une rupture des échanges économiques entre Russes et Occidentaux mais c’est pourtant bien ce qui se profile car il n’y a toujours pas l’ombre d’une esquisse de compromis dans la crise ukrainienne.

Tout le monde continue de parler à tout le monde, les Occidentaux entre eux et les Occidentaux àVladimir Poutine ou son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov . Le message que les Occidentaux martèlent aux Russes est que la ligne rouge n’est pas, pour eux, l’organisation du référendum de dimanche prochain en Crimée car ils le considèrent comme illégal et, d’avance, nul et non avenu mais les conséquences que le Kremlin en tirera.

John Kerry le secrétaire d’Etat américain l’a dit samedi à Sergueï Lavrov, si la Russie annexait la Crimée dans la foulée d’un « oui » au référendum, cela « fermerait la porte à la diplomatie ». Cela l’ouvrirait, autrement dit, à de vraies mesures de rétorsion économique de la part des Occidentaux. Les Européens ne disent rien d’autre et l’Europe comme les Etats-Unis continuent d’insister auprès de Vladimir Poutine pour qu’il n’aille pas à l’irréparable et acceptent, au contraire, l’ouverture d’un dialogue avec les autorités de transition ukrainiennes.

Comme Mme Merkel il y a huit jours et comme les chefs des grandes diplomaties occidentales jeudi dernier à Paris, David Cameron, le Premier ministre britannique, a cru entendre hier que le président russe n’excluait pas un tel dialogue. John Kerry et Sergueï Lavrov pourraient se revoir en ce début de semaine. Les ponts ne sont pas rompus mais les Occidentaux n’ont que très peu d’espoir, vraiment peu, de voir la Fédération de Russie renoncer à intégrer la Crimée en son sein ou même prendre son temps parce que le Kremlin est déjà allé trop loin sur cette voie pour faire machine arrière, que l’opinion russe y est très majoritairement favorable et que Vladimir Poutine n’y aurait donc qu’intérêt en termes de politique intérieure russe.

L’irréparable, l’annexion de la Crimée, tout dit aujourd’hui qu’on y va et cela bien que la plupart des grandes compagnies occidentales soient implantées sur le marché russe, que l’Europe dépende de la Russie pour un tiers de ses approvisionnements énergétiques, que la Russie ait un besoin vital de la technologie et des investissements occidentaux et que l’économie ukrainienne dépende, elle, de la Russie pour ses exportations.

Economiquement parlant, tout impose un compromis. Tout interdit une escalade que les économie russe et occidentales auraient à payer au prix fort à l’ère de la mondialisation des échanges mais il y a comme un engrenage tant la Russie reste sourde à toutes les propositions qui lui sont faites. Pour l’heure, la Russie veut se réapproprier la Crimée et voir ensuite. Pour l’heure, les Occidentaux disent qu’il n’y aurait plus rien à voir ensuite. Tout va se jouer en moins de deux semaines et, ce lundi, les Européens en sont à calculer le surcoût d’une réorganisation de leurs approvisionnements gaziers à laquelle la Russie aurait, elle, à perdre les trois quarts de ses exportations en devises fortes.

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