Contrairement à Georges Bush qui les ostracisait, Barack Obama souhaite chercher le dialogue avec les pays, l’Iran en tête, avec lesquels les Etats-Unis sont en conflit. C’est ce qu’on sait du tournant qu’il veut donner à la diplomatie américaine mais, au-delà de ce changement d’attitude, on sait encore peu de choses sur ce que pourrait être sa politique étrangère. Première grande question : les relations avec la Russie. Elles sont actuellement mauvaises en raison de la volonté de Georges Bush de faire entrer l’Ukraine et la Géorgie dans l’Otan et d’installer un système de défense anti-missiles en République tchèque et en Pologne. Officiellement, Barack Obama ne s’est distancé d’aucun de ces deux projets mais sa volonté de réduire les dépenses militaires pour investir dans la modernisation des infrastructures et de l’industrie américaines, l’extrême tiédeur des grandes capitales européennes vis-à-vis de tout ce qui pourrait inutilement compliquer les rapports avec Moscou et le besoin que les Etats-Unis ont de pouvoir s’appuyer sur la Russie dans le bras de fer avec l’Iran et la guerre d’Afghanistan pourraient singulièrement infléchir les positions américaines dès la fin du mandat du président sortant, le 20 janvier prochain. La France, l’Allemagne et la plupart des pays de l’Union vont, en tout cas, inciter le successeur de Georges Bush à faire ce que l’Europe s’apprête à faire : chercher un modus vivendi avec les Russes et tenter d’en faire les partenaires d’une politique de stabilisation internationale. Leurs démarches auront d’autant plus de poids auprès de Barack Obama que la dégradation des relations avec la Russie inquiète de plus en plus de gens à Washington et que les anciens secrétaires d’Etat de Richard Nixon et de Ronald Reagan, Henry Kissinger et Georges Shultz, deux Républicains, ont estimé ensemble, dès le mois d’octobre, qu’il n’y avait aucune urgence à élargir l’Otan jusqu’aux frontières russes. Le vent semble déjà tourner à Washington et les Russes eux-mêmes paraissent l’avoir senti. Après avoir accueilli l’élection du nouveau président américain par des déclarations extrêmement dures, ils ont beaucoup baissé le ton samedi en exprimant l’espoir de pouvoir engager avec lui un dialogue « constructif » auquel ils auraient, d’ailleurs, tout autant intérêt que les Américains. On va voir mais, pour ce qui est de l’Iran, second dossier diplomatique prioritaire, la position de Barack Obama est assez clairement esquissée. Il va tendre la main à ce régime, lui faire valoir tous les avantages économiques et régionaux qu’il pourrait trouver à un compromis avec les Etats-Unis que beaucoup des dirigeants iraniens souhaitent, d’ailleurs, depuis longtemps. Il va tenter par là d’accentuer les divisions entre les différents courants de la théocratie iranienne mais en déclarant, dès vendredi, que l’accession de l’Iran à l’arme nucléaire serait « inacceptable », il a dit son refus de l’accepter. Si la négociation avec Téhéran n’aboutit pas, ce nouveau président, fort de la bonne volonté qu’il aura manifestée, pourrait bien ordonner le bombardement des installations nucléaires iraniennes.

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