Ce n’est pas rien le G-20. Les 19 pays qui le composent, 20 avec l’Union européenne, représentent à peine plus du dixième des Etats constitués de par le monde mais le dixième le plus riche, un ensemble qui assure à lui seul 80% des échanges internationaux et plus de 90% du Produit mondial brut, de la richesse produite, année après année, à la surface du globe. Non seulement ces vingt-là, vieilles puissances et puissances émergentes, sont les maîtres du monde mais, depuis que Nicolas Sarkozy, en plein krach de Wall Street, avait imposé à Georges Bush qu’il se réunisse en sommets réguliers, au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, le G-20 est le nouveau directoire de la planète Terre, l’ébauche de ce gouvernement mondial qu’appelle la mondialisation de l’économie. Sa réunion, demain soir, dans la capitale sud-coréenne, est donc d’autant plus importante que, pour l’heure, le monde est au bord d’une guerre mondiale, non pas de l’apocalypse nucléaire, bien sûr, mais d’une guerre des monnaies dont les ravages pourraient être formidables si le G-20 ne parvient pas à la canaliser. Pour l’heure, en plein marasme économique, ce marasme qui a fait perdre les élections de la semaine dernière à Barack Obama, les Etats-Unis se sont résolus à faire marcher la planche à billets, à imprimer du dollar, afin de faire encore baisser leur devise avec pour triple objectif de booster leurs exportations en en abaissant le coût, de renchérir leurs importations, notamment chinoises, mais pas seulement et de diminuer la valeur des réserves financières de la Chine dont les coffres sont bourrés de dollars et d’obligations du Trésor américain. Les Etats-Unis ont déclaré une guerre économique à la Chine parce qu’ils n’acceptent plus qu’elle ruine leur industrie, fasse exploser leur taux de chômage et soit devenue leur principal créancier en ajoutant à l’atout de ses bas salaires celui d’une monnaie, le yuan, qu’elle maintient à un taux artificiellement bas. A la guerre monétaire chinoise répond, désormais, la guerre monétaire américaine et ce bras-de-fer est en train de multiplier les victimes collatérales. Les exportations des autres émergents vers les Etats-Unis se retrouvent pénalisées. Des pays comme la Suisse voient leur monnaie s’envoler car elle devient une valeur refuge. Alors même que sa croissance est au plus bas, l’Union européenne, surtout, aura de plus en plus de mal à exporter alors puisque sa monnaie commune s’envole aussi sans que ses gouvernements n’y puissent rien car ils n’ont pas le pouvoir d’intervenir sur l’euro dont la gestion relève exclusivement d’une banque centrale indépendante. Cette « guerre des monnaies » est bel et bien une guerre mondiale mais un homme, Nicolas Sarkozy, se voit déjà l’arrêter et la gagner. Elle deviendra, pense-t-il, si dangereuse avant l’été que ses appels à un nouvel ordre monétaire international seront entendus, que le G-20 s’y attellera et que, dans la mesure où il en prend la présidence annuelle à l’issue de ce sommet de Séoul, son aura en sera tant grandie qu’il sera réélu en 2012, deviendra le premier des Européens et remettra le monde sur ses rails. Peut-être... On verra. Nicolas Sarkozy a très activement préparé cette présidence mais, en attendant, c’est la guerre.

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