La nouvelle Présidente de la Commission, Ursula van der Leyen, présente ce mardi la liste et les domaines de responsabilité de son équipe qui prendra ses fonctions le 31 octobre. Une Commission plus politique, et paritaire femmes-hommes.

La future Présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen, et l’actuel, Jean-Claude Juncker, le 9 septembre à Bruxelles. La passation de pouvoir s’effectuera le 31 octobre.
La future Présidente de la Commission européenne, Ursula van der Leyen, et l’actuel, Jean-Claude Juncker, le 9 septembre à Bruxelles. La passation de pouvoir s’effectuera le 31 octobre. © AFP / Dursun Aydemir / ANADOLU AGENCY

Combien de noms de Commissaires européens actuels connaissez-vous ? Soyons honnêtes, bien peu de membres de la Commission sortante passeraient le test de notoriété en France, alors qu’on attribue à l'Exécutif européen une influence majeure sur nos vies. 

Cette incapacité à s’identifier à des institutions désincarnées est sans doute l’une des faiblesses de cette construction européenne dont on retient plus volontiers les échecs et les incohérences, que les réalisations.

Les gouvernements ont leur part de responsabilité. Pendant longtemps, les choix s’effectuaient sur les personnalités les moins dérangeantes, ou qu’il fallait remercier ou recaser. Le paradoxe est que les États-membres désiraient frileusement garder la main face aux institutions européennes, alors que l’une des critiques des eurosceptiques est justement que « Bruxelles », cette entité mal identifiée, aurait trop de pouvoirs. 

Il y a assurément des signes de changement. La nouvelle Présidente de la Commission, Ursula van der Leyen, n’était certes pas le premier choix des chefs d’État et de gouvernement ; mais elle s’affirme aujourd’hui avec une équipe plus politique que d’habitude ; dotée pour la première fois de la parité femmes-hommes, ce n’est pas rien.

Premier signe de cette autorité, la présidente, issue des Conservateurs allemands, sera épaulée de deux vice-présidents de poids, le néerlandais Frans Timmermans, ancien chef de file socialiste aux élections européennes, et la danoise Margrethe Vestager, une libérale, l’un des rares poids lourds de l’équipe sortante, connue pour avoir inspiré la série Borgen, mais surtout pour ses poursuites contre les géants du numérique. Le premier sera chargé du climat, la seconde de la technologie, deux enjeux majeurs.

D’autres nominations renforcent l’influence de cette Commission, soutenue par les trois principales familles politiques du continent. La surprise est venue d’Italie : on attendait un Commissaire nommé par le leader d’extrême-droite Matteo Salvini, mais le changement de majorité à Rome a permis celle de Paolo Gentiloni, un ancien premier ministre issu du Parti démocrate, très pro-européen. 

La nouvelle équipe n’aura pas la tâche facile dans un contexte où l’Europe joue son maintien en première division mondiale, rien de moins. 

L’Union européenne peut-elle exister face aux géants américain et chinois, au voisinage russe ou aux défis des mutations climatiques, industrielles et technologiques ? La feuille de route de cette Commission est longue. Sans oublier le Brexit censé intervenir le jour-même de l’entrée en fonction de la nouvelle Commission, le 1er novembre.

Mais le principal défi sera d’inspirer confiance, un sentiment qui a disparu depuis longtemps dans les affaires européennes ; il sera aussi de relever tous ces défis, là où, ces dernières années, on a désespéré les Européens. Ca ne dépend pas que de la Commission, mais si dans cinq ans nous sommes capables d’identifier ces 27 femmes et hommes, c’est qu’un grand pas aura été franchi.

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