C'est aujourd'hui que le Japon devrait redémarrer le premier réacteur nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima...

C'était effectivement il y a un peu plus de quatre ans, le 11 mars 2011, qu'un tremblement de terre, puis un raz-de-marée, entraînait la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en 1986. Depuis Fukushima, tous les réacteurs nucléaires japonais ont donc été arrêtés.

Le dernier en 2013. Des réacteurs nucléaires, le Japon en compte à peu près autant que la France : à savoir une cinquantaine. Et s'ils ont tous été arrêtés, c'est évidemment pour des inspections de sécurité extrêmement pointilleuses.

Voilà donc deux années entières que le Japon vit sans nucléaire et qu'il a dû compenser les 25 à 30% d'électricité produite par ces centrales par des centrales au charbon, au gaz ou au bon vieux fioul.

Mais le plus étonnant, et surtout le plus effrayant pour les pro-nucléaires : c'est qu'il y est parvenu sans trop de problèmes. Alors, il a fallu économiser l'énergie, éteindre les gratte-ciels et les enseignes électrique la nuit, mais, globalement ça s'est bien passé.

Mais alors pourquoi redémarrer aujourd'hui un réacteur nucléaire ?

C'est exactement la question que posent tous les opposants. Et ils sont nombreux au Japon. Avant Fukushima, 60% des Japonais étaient pour le nucléaire ; aujourd'hui, sondage après sondage,ils sont 60 à 70% contre cette « re-nucléarisation » du pays . Il y a aussi ceux qui ont trouvé de très mauvais goût de redémarrer ce réacteur nucléaire alors qu'on vient juste de commémorer les 70 ans de Nagasaki et d'Hiroshima. Parmi ces critiques, il y a, entre autres, les dernières victimes des deux bombes atomiques.

Côté gouvernemental, par contre, on parle de croissance économique à venir. Cela dit, la position du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, n'a pris personne de court : il avait fait du redémarrage un point clé de sa brillante victoire électorale en 2014.

Il a même détaillé un plan d'avenir pour le nucléaire civil dont la part dans ce qu'on appelle le « mix énergétique » est appelé à diminuer un peu, certes, mais représentera tout de même 20% de l'électricité japonaise. Je rappelle que depuis deux ans, c'est 0% !

La centrale Sendaï au Japon
La centrale Sendaï au Japon © MaxPPP

Parlez-nous un peu de cette centrale qui doit redémarrer aujourd'hui…

Volontiers ! Sendaï a deux réacteurs. C'est le N°1 qui sera rallumé, si vous voulez. Le second devrait l'être en octobre. Sendaï est située à un millier de kilomètres au Sud-Ouest de Tokyo et c'est une dernières centrales à avoir été éteinte en septembre 2013.

Le détail n'est pas sans importance. Parce qu'une centrale nucléaire, c'est un peu comme une voiture : si vous la laissez deux ou trois ans sans la faire rouler, vous risquez d'avoir des problèmes à l'allumage et ensuite au rodage. Tout est un peu rouillé.

Je ne dis pas ça pour faire le malin : en 1996, lorsque les Suédois ont redémarré la centrale d'Os-Kar-Cham, quatre ans après l'avoir arrêtée, il y avait eu six arrêts d'urgence en une année. Or au Japon, 25 réacteurs ont déposé des demandes de remise en service.

Enfin, Sendaï se trouve en bord de mer, comme à Fukushima. De plus, elle se trouve à moins de 50 kilomètres d'un volcan particulièrement actif. En clair, avec Sendaï, le Premier ministre Shinzo Abe a voulu imposer sa volonté en provoquant les antinucléaires.

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