Et pas seulement les trottinettes ! Les roues électriques, les vélos électriques, les « Segway », ces engins électriques à deux roues.

Trottinette dans les rues de Barcelone... en 2016
Trottinette dans les rues de Barcelone... en 2016 © AFP / JOSEP LAGO

A compter de fin août, tous seront interdits de centre-ville et les contrevenants paieront jusqu'à 500 € d'amende !

On peut légitimement se demander quelle mouche a piqué la maire, Ada Calau, pour partir ainsi en croisade contre ces moyens de locomotion écolos et plutôt sympathiques. La réponse est simple : les touristes.

A Barcelone comme à Paris d'ailleurs, ces trottinettes et autres « Segway » sont massivement utilisés par les touristes et envahissent le centre-ville : des centaines de segways conduits dans le désordre le plus total. Imaginez le cauchemar lorsque tout ce petit monde se retrouve concentré sur les Ramblas, surtout qu'évidemment personne ne parle ni espagnol, ni catalan.

On commence d'ailleurs à voir apparaître des manifestations contre ce tourisme de masse...

A Barcelone, mais aussi dans les îles Baléares, à Venise, mais à Rome, Milan, Dubrovnik, Majorque ou San Sébastien : partout en Méditerranée et dans les villes les plus visitées, le ras-le-bol se fait sentir.

En Catalogne, on a même forgé un mot-valise qui décrit parfaitement le fait que les habitants se sentent assiégés par des hordes de Britanniques avinés ou des groupes compacts de Chinois qui occupent tous l'espace public : ce mot c'est la touristophobie.

Et les accusations peuvent être plus graves : à Paris, à Barcelone mais aussi en Islande, qui aura reçu cette année deux millions de touristes alors que sa population totale est 6 fois moins importante, les plaintes se multiplient contre les locations type AirBnb.

On les accuse de soustraire du marché de la location des centaines voire des milliers d'appartements. Partout des amendes, des moratoires, voire des interdictions pures et simples ont été imposés. Du terrorisme anti-touristes a même fait son apparition.

Du terrorisme anti-touristes

Pas plus tard qu'en début de mois en Catalogne toujours : Arran, un mouvement anarchiste a revendiqué des actions de sabotage contre le tourisme de masse. Ils ont crevé les pneus de bus climatisés en expliquant qu'ils n'avaient rien contre les touristes mais tout contre l'économie du tourisme de masse.

Bon, il est peut-être temps maintenant qu'on a exposé les faits de prendre un peu de recul. Que se passe-t-il ? Il se passe que 2017 sera une année exceptionnelle pour la fréquentation touristique européenne, tant en France, qu'en Espagne, en Italie, en Grèce ou en Croatie. Une année d'autant plus remarquable que les touristes ont évité les pays du Maghreb, Maroc et Tunisie, et surtout la Turquie, jugés trop instables. Il se passe ensuite une levée en masse des touristes et ce dans le monde entier.

Les chiffres sont impressionnants

Il y a déjà 5 ans, en 2012, on a dépassé le milliard de touristes. Depuis, on est resté dans cette épure : de janvier à septembre 2016, on a compté dans le monde 956 millions de touristes internationaux. Le monde s'enrichit, la Chine s'enrichit et les Chinois voyagent.

Or c'est une tendance qui n'est pas prêt de s'interrompre : imaginez qu'après la Chine et son développement spectaculaire, vient l'Inde, son milliard 200 millions d'habitants et sa classe moyenne en pleine croissance.

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