C'est une série d'exécutions dans l'Arkansas, aux États-Unis, qui a retenu l'attention d'Anthony Bellanger ce matin...

Jerry Givens, qui milite pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis
Jerry Givens, qui milite pour l'abolition de la peine de mort aux Etats-Unis © Getty / The Washington Post

L'Arkansas, aux États-Unis, va tenter d'exécuter à compter du 17 avril et jusqu'au 27 avril, sept condamnés à mort les uns à la suite des autres.

Et la raison est absolument invraisemblable : il se trouve qu'une des trois drogues utilisées en cocktail pour l'injection létale sera périmée au 1er mai ! Vous avez bien lu : le gouverneur de l'Arkansas, Asa Hutchinson, veut accélérer la mort de sept détenus pour ne pas gâcher la marchandise.

Et encore, au départ il y avait huit détenus concerné par ces exécutions express ! Mais l'un d'entre eux a obtenu que sa peine soit peut-être commuée en peine de prison à vie... En tous cas, il a surtout obtenu que son son cas soit réexaminé après le 1er mai.

Ces exécutions peuvent-elles encore être annulées ?

Bien sûr, et sur des critères tout bêtes de faisabilité. Par exemple, la loi de l'Arkansas prévoit la présence de six « citoyens respectables » pendant l'exécution : 7 X 6 = 42 témoins obligatoires : les services de l’État ne sont toujours pas parvenus à les trouver.

Reste évidemment les raisons strictement humanitaires : sept exécutions en dix jours, c'est trop de pression sur les bourreaux, pensent les avocats de la Défense. En clair, ça s'apparente à de la torture ou à une exécution de masse, ce qu'interdit la constitution.

Et le plus étonnant dans cette affaire où tout est ahurissant de cruauté, c'est que l'Arkansas est plutôt un Etat dans lequel la peine de mort ne s'appliquait plus : cela faisait 12 ans qu'il n'y avait pas eu d'exécution à Little Rock, la capitale.

Où en est-on aux États-Unis sur la peine de mort ?

Logiquement, après ce que je viens de vous raconter, devrait suivre un décompte assez classique des exécutions à venir dans un des seuls pays occidental à encore appliquer la peine de mort. Et pourtant, la réalité est contradictoire, à l'image de cet immense pays.

En fait, jamais on n'a si peu exécuté aux États-Unis depuis le rétablissement en 1976 de la peine capitale. On peut même parler d'effondrement : il y en a eu 20 exécutions en 2016, contre plusieurs centaines par an dans les années 90.

Et ce n'est pas une éclaircie mais bien une tendance puisqu'en 2017, 21 exécutions sont planifiées, dont les sept de l'Arkansas. Quant à la population, elle n'a jamais aussi peu soutenu la peine capitale : 49%, contre plus de 80% il y a à peine 20 ans.

Petit à petit, les États-Unis rejoignent donc le commun des pays occidentaux qui ont aboli depuis longtemps la peine de mort, la France parmi les derniers, en 1981. En 10 ans, 12 États américains de plus l'ont éliminé ou appliquent un moratoire.

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