Pour les Occidentaux, il s’agit d’amener le régime syrien à faire les concessions sans lesquelles il ne peut y avoir de paix durable

Sans doute était-ce la dernière possibilité de désescalade. Si la Russie n’avait pas opposé son veto, hier soir, au Conseil de sécurité, au projet de résolution américain créant un mécanisme d’enquête onusien sur le recours aux armes chimiques en Syrie, peut-être aurait-on pu éviter que les Etats-Unis, la France et d’autres pays européens dont la Grande-Bretagne aillent bientôt frapper l’armée de Bachar al-Assad mais là, non.. 

La Russie a refusé ce projet de résolution parce qu’il mettait trop en question, à ses yeux, le régime syrien. Il n’y a ainsi plus de consensus possible au Conseil de sécurité, même faux, et l’on va à une épreuve de force dont il ne faut sous-estimer ni les enjeux ni la gravité. 

Contrairement à ce qui s’était passé il y a un an, lors de représailles américaines après un précédant recours à l’arme chimique, la Russie se refuse à désactiver, comme elle l'avait alors fait, ses systèmes anti-missiles. Non seulement les frappes auxquelles les Occidentaux devraient bientôt procéder se heurteront à la Défense russe des bases syriennes mais ces systèmes anti-missiles de la Russie ont été considérablement renforcés ces derniers mois. 

Quel que soit le mot que l’on choisira – guerre, affrontement, face-à-face – Russes et Occidentaux risquent ainsi, dans les jours à venir, de se mesurer dans le ciel syrien et les déclarations venues du Kremlin laissent entendre qu’il pourrait même y avoir, en plus, des représailles russes aux représailles occidentales, autrement dit un début d’engrenage militaire qui n’est, bien sûr, jamais sans danger. 

C’est la raison pour laquelle, les Occidentaux paraissent s’être donné, hier, par la voix d’Emmanuel Macron, quelques jours de réflexion destinés à tenter de convaincre les Russes que ni eux ni les Iraniens ne pourraient être touchés par les frappes à venir qui ne viseraient, a dit le président de la République, que les stocks syriens d’armes chimiques. 

Le problème est que, plus les Occidentaux attendent, plus les défenses russes se renforcent et que ces précautions risquent ainsi d’aggraver les choses. 

La partie est, en un mot, extrêmement serrée car, d’un côté, les Russes ne veulent pas donner le sentiment de reculer et ne croient pas – c’est le principal danger – à la détermination des Occidentaux et, de l’autre, Européens et Américains ne veulent plus laisser croire aux Russes et à Bachar al-Assad qu’ils pourraient continuer à faire ce que bon leur semble sans avoir à en payer le moindre prix.

Pour les Occidentaux, il s’agit à la fois de montrer que leurs lignes rouges le sont vraiment et d’amener le régime syrien à faire ce minimum de concessions sans lesquelles il ne peut y avoir ni compromis politique ni paix durable. C’est l’enjeu d’un moment plus que dangereux.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.