Le Président américain annonce un prochain plan de paix après la reconduction de Netanyahou, mais ses actes depuis deux ans vont dans le sens d’une négation des droits des Palestiniens.

Donald Trump et Benyamin Netanyahou à Washington le 25 mars 2019, tenant entre les mains l’acte de reconnaissance de l’annexion du Golan syrien par Israël. Un argument de poids dans la campagne.
Donald Trump et Benyamin Netanyahou à Washington le 25 mars 2019, tenant entre les mains l’acte de reconnaissance de l’annexion du Golan syrien par Israël. Un argument de poids dans la campagne. © AFP / Brendan Smialowski / AFP

La réaction la plus étrange au résultat des élections israéliennes est venue de Donald Trump. Le Président des États-Unis a déclaré hier que les chances de paix entre Israéliens et Palestiniens étaient désormais « meilleures » avec la victoire de Benyamin Netanyahou.

Ce qui est inattendu, ce n’est évidemment pas que Trump se réjouisse de la victoire de Netanyahou : il a été son plus grand soutien international, en concurrence d’ailleurs avec Vladimir Poutine. Non, ce qui est étonnant c’est qu’il puisse affirmer que cette victoire va aider la cause de la paix entre Israéliens et Palestiniens, sauf à croire aux faits alternatifs chers à Donald Trump.

La raison est simple : le premier ministre israélien n’a pas été mandaté par les électeurs pour faire la paix, et d’ailleurs la question palestinienne a été la grande absente de la campagne, à deux exceptions près : les questions de sécurité à chaque incident avec le Hamas à Gaza ou avec des actes de violence en Cisjordanie ; et la promesse faite par Netanyahou à la veille du scrutin d’annexer des parties de la Cisjordanie sur lesquelles sont installées des colonies de peuplement.

Depuis un peu plus de deux ans qu’il est à la Maison Blanche, Donald Trump annonce un plan de paix pour la Palestine. Il a confié cette mission à son gendre, Jared Kushner, qui a multiplié les déplacements dans la région, mais n’a toujours pas produit le fameux plan.

Hier, la Maison Blanche l’annonçait pour bientôt, sans autre précision. Mais personne ne s’attend sérieusement à ce que cette administration, celle qui a déplacé l’ambassade des États-Unis de Tel Aviv à Jérusalem l’an dernier, celle qui a reconnu l’annexion du plateau du Golan syrien par Israël, soit réellement porteuse d’une solution à l’un des conflits les plus inextricables au monde.

D’autant que la Maison Blanche s’est abstenue de tout commentaire à l’annonce de la possible annexion de pans entiers de la Cisjordanie, en violation de la résolution 242 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur les territoires capturés par Israël lors de la guerre de juin 1967.

Là où Barack Obama a échoué parce que jugé trop hostile par Netanyahou, Trump pèche par excès inverse, pour des raisons d’abord de politique intérieure, ce qui lui retire tout rôle de médiateur.

Le premier ministre israélien a remporté son pari, et sera vraisemblablement reconduit à la tête d’une coalition très à droite, soutenue par le camp des colons, qui n’est pas prêt à la moindre évacuation.

Il a de surcroit le soutien inconditionnel des États-Unis, celui, moins vocal mais tout aussi réel, de la Russie de Poutine, ou de l’Arabie saoudite obnubilée par leur hostilité commune envers l’Iran ; une convergence qui lui donne les mains libres pour faire ce qu’il veut.

Quant aux Palestiniens, ils sont considérablement affaiblis, divisés entre factions ; ils ont perdu confiance en leurs dirigeants, et n’ont guère de perspective alors que leur territoire risque d’être de nouveau amputé. 

Pour autant, la rhétorique de Netanyahou ou le feu vert aveugle de Trump ne constituent pas une réponse politique à un siècle de conflit. Netanyahou est maître du jeu, mais même au Proche Orient, la raison du plus fort n’est pas forcément la meilleure.

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