Cela aura pris deux semaines de préparation et deux jours de discussion mais c’est fait. L’ensemble de l’opposition syrienne est parvenu à se doter hier, à Riad, d’un programme commun sur lequel une délégation commune est prête à entamer des négociations avec le régime visant à la mise en place d’institutions de transition et à la proclamation d’un cessez-le-feu sous contrôle international.

Il y avait là des chrétiens et des membres de la communauté alaouite, celle du clan Assad, des sunnites, bien sûr, puisqu’ils représentent plus de 60% de la population syrienne, 52 personnalités individuelles, des représentants de 16 groupes armés et des Kurdes, enfin, présents dans la délégation d’une coordination nationale et non pas comme représentants de leurs organisations armées afin d’éviter toute objection de la Turquie.

Il y avait autrement dit là, d’une part, des islamistes et des laïcs, de l’autre des opposants tolérés par le régime et des insurgés le combattant les armes à la main, et tous se sont mis d’accord pour définir la future Syrie comme un état « civil », ni religieux ni militaire, pluraliste et respectueux de toutes ses communautés, des droits de l’Homme et de l’Etat de droit. C’en était trop pour l’un des groupes islamistes présents, Ahrar al-Cham, qui s’est un moment retiré des discussions mais qui semblait, dans la nuit, revenir sur cette décision par crainte de se retrouver en marge d’une unanimité nationale

Ce n’est qu’une étape vers un règlement de paix, une étape avant bien d'autres, mais une étape capitale car l’opposition est maintenant en situation d’ouvrir avec le régime Assad les négociations auxquelles la conférence de Genève avait appelé dès juin 2012.

Ces négociations sont depuis devenues le premier objectif de la feuille de route adoptée le 14 novembre dernier à Vienne par l’Iran chiite, les pays sunnites, les Américains, les Russes et les Européens. Elles devraient conduire à des changements constitutionnels, un cessez-le-feu puis une élection présidentielle à laquelle devraient prendre part les plus de quatre millions d’exilés syriens qui ne sont évidemment pas des partisans de Bachar al-Assad.

En tout état de cause, l’actuel président devrait avoir à transmettre l’essentiel de ses pouvoirs, notamment militaires et policiers, aux autorités de transition dès qu’elles auront été mises en place. C’est ce qui avait été prévu par la Conférence de Genève à laquelle les Russes étaient partie prenante et c’est, bien sûr, ce que l’opposition désormais unie, y compris donc l’opposition légale, envisage dans sa déclaration d’hier en disant que « Bachar al-Assad et sa clique devront quitter le pouvoir au début de la phase de transition ».

La formulation est volontairement ambiguë. Cela peut vouloir dire ou bien démissionner ou bien céder ses pouvoirs et ce sera tout l’enjeu, formidablement complexe, des prochaines discussions internationales à Genève aujourd’hui et dans une semaine à New York.

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