Beaucoup annonçaient une nouvelle Intifada mais c’est le meurtre d’opportunité qui se développe en Israël. Au lieu des grandes manifestations de jeunes gens armés de pierre dont ils canardaient les forces de sécurité, on voit désormais des Palestiniens, des solitaires dont rien ne laissait prévoir les intentions, s’attaquer soudain, dans la rue, au hasard, à des Israéliens contre lesquels ils jettent leur voiture ou sortent un couteau.

Ce nouveau genre de violences a fait hier deux morts et deux blessés en quelques heures. Il est presque imparable. Il tend à se développer parce que les négociations de paix sont bloquées et que les tensions ne cessent de croître autour de l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, lieu saint de l’islam mais aussi du judaïsme sur lequel l’extrême droite religieuse israélienne voudrait pouvoir aller prier sans restrictions de jour ou d’horaire. Une nouvelle explosion menace entre Israéliens et Palestiniens et c’est sur cette toile de fond qu’un mouvement s’affirme en Europe en faveur d’une reconnaissante immédiate de la Palestine.

La Suède vient d’y procéder et le Parlement britannique d’appeler le gouvernement de David Cameron à faire de même. La gauche y pousse en France où le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarait samedi que s’il n’y avait pas de négociations ou si elles n’aboutissaient pas, « la France devrait prendre ses responsabilités ». La nouvelle chef, surtout, de la diplomatie européenne, Federica Mogherini .a plaidé le même jour en faveur de la reconnaissance de la Palestine, par l’ensemble de l’Union, dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem Est pour capitale.

Ce n’est pas fait mais l’idée monte car cela exercerait une pression politique sur la droite israélienne au pouvoir, exprimerait la volonté européenne d’arriver à la coexistence de deux Etats et isolerait les plus fanatiques des islamistes en montrant que l’Union n’est nullement indifférente aux aspirations et aux droits des Palestiniens. Il y a d’excellents arguments en faveur de cette reconnaissance de la Palestine par l’Union mais une fois que les Européens auraient fait cela sans que cela n’ait changé quoi que ce soit à la politique israélienne qui est de préférer un statu quo connu aux incertitudes d’un changement, qu’est-ce que l’Union pourrait faire d’autre ?

Elle n’aurait pas d’autre cartouche à tirer. Elle n’aurait fait que prendre le relais des Etats-Unis qui viennent d’échouer, en avril, à relancer le processus de paix. C’est d’ailleurs ce qu’espère, sans le dire, la Maison-Blanche afin que les Etats-Unis puissent revenir ensuite dans le jeu. Les gestes comptent en politique mais leur efficacité aussi et celui que mûrissent les Européens n’en aura guère car la seule chose qui puisse amener la paix est ce qui manque le plus : la confiance. C’est à la bâtir que les Européens devraient s’atteler mais cette tâche est tellement immense qu’il leur est plus aisé d’y substituer un vœu pieux.

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