En difficultés sur tous les fronts de la scène internationale, Georges Bush risque, maintenant, de perdre sa majorité parlementaire. Mardi 7 novembre, les électeurs américains sont appelés à renouveler la totalité de leurs Représentants et un tiers de leurs Sénateurs. A quatre semaines de ce vote, les sondages se multiplient et tous donnent une large avance aux Démocrates dans les intentions de vote, 13 points selon ABC News et le Washington Post, 14 selon CBS et le New York Times, 21 selon CNN et même 23 selon Gallup et USA Today. Un sondage n’est qu’une photographie de l’instant, pas une prévision. En quatre semaines bien des choses pourraient venir retourner cette tendance. La baisse du prix de l’essence et les derniers chiffres du déficit budgétaire, qui sera moins élevé que prévu, pourraient y contribuer mais cela va mal pour la Maison Blanche. Cela va franchement mal car même pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, point fort de Georges Bush depuis le 11 novembre, l’argument qui lui avait permis de remporter son second mandat, 44% des électeurs font maintenant confiance aux Démocrates contre 37% seulement aux Républicains. Sur l’Irak, 64% des Américains désapprouvent désormais la politique de leur Président et les Démocrates mènent de 33 points sur la protection médicale, 17 sur l’économie, 13 sur l’immigration et 19 aussi sur les questions éthiques car un retentissant scandale vient d’éclabousser les Républicains. A tort ou à raison – ce n’est pas vraiment clair – une majorité des Américains considèrent en effet que les chefs de file du parti et de l’actuelle majorité parlementaire ont tenté de repousser les révélations sur la conduite d’un Représentant républicain qui envoyait des mails pas du tout équivoques à de jeunes coursiers du Congrès. Pour un parti drapé dans la vertu, cela fait désordre mais le vrai problème de Georges Bush, c’est la politique étrangère car le bilan est là : faillite irakienne, impuissance devant les défis nucléaire de l’Iran et, maintenant de la Corée du Nord, résurgence des Taliban en Afghanistan, enlisement du processus de paix israélo-palestinien et impopularité record, surtout, des Etats-Unis sur tous les continents. Accablant, ce bilan est martelé par les Démocrates, embarrasse les candidats républicains dans leurs campagnes et inquiète les électeurs qui constatent que, sous ce Président, le monde n’est pas devenu plus sûr mais beaucoup, beaucoup, moins sûr. Reste que, dans des élections parlementaires, la côte personnelle des hommes joue au moins autant que celle de leur parti. Georges Bush n’a pas déjà perdu le Congrès mais, si cela devait arriver, les marges de manœuvre de ce Président se réduiraient encore plus, notamment à l’international.

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