Peu de gens y croient. Pas plus en Europe qu’aux Etats-Unis ou en Israël, la presse n’y prête guère attention mais le fait est, pourtant, que le Président palestinien et le Premier ministre israélien se voient de plus en plus régulièrement et que leurs discussions d’hier, dit un proche de Mahmoud Abbas, sont passées « à la vitesse supérieure ». Hier, à Jérusalem, Ehud Olmert et Mahmoud Abbas ont, de fait, décidé de mettre en place des « équipes de négociation ». Elles seront chargées, dit un porte-parole israélien, de « travailler sur certains des points clés qui devront être résolus dans le cadre d’un accord de paix ». Elles auront à « s’attaquer, ajoute Saëb Erekat, le négociateur palestinien, aux moyens d’aboutir à une solution à deux Etats ». Les pessimistes notent que les Israéliens n’ont mentionné ni Jérusalem, ni le retour des réfugiés, ni le tracé des frontières, aucun, donc, des dossiers les plus délicats, parmi ceux que ces équipes de négociation devront ouvrir. Les optimistes relèvent, eux, que Mahmoud Abbas a fait état de son espoir que la voie s’ouvre à « des négociations sur le statu final », que les deux hommes sont convenus de se revoir sous quinze jours et qu’Ehud Olmert, surtout, ne pourrait pas faire état de discussions sur les points les plus chauds sans avoir, au préalable, informé la Knesset, la représentation nationale, dont les débats seraient, alors, difficiles. Quoi qu’il en soit, ça bouge, comme jamais depuis l’échec du plan de paix de Bill Clinton, il y a sept ans. Ca bouge – c’est cela l’important – parce que l’intérêt d’énormément de gens est, aujourd’hui, de marcher vers un règlement définitif. Les Israéliens ne peuvent pas ignorer que, si de vrais progrès ne sont pas rapidement faits, les islamistes du Hamas seront bientôt en situation de prendre le contrôle de la Cisjordanie après avoir pris celui de Gaza et qu’Israël n’aurait alors plus qu’à réoccuper l’ensemble des Territoires, ce qu’il veut éviter. Outre qu’il est, de longe date, partisan d’un compromis définitif, y compris sur la question des réfugiés, Mahmoud Abbas sait bien, lui, que sa seule possibilité de reprendre la main serait de parvenir à un règlement de paix et d’appeler les Palestiniens à le ratifier, ce qu’ils feraient sans aucun doute. Les régimes arabes, Arabie saoudite en tête, veulent à tout prix, au plus vite, que l’Iran et al Qaëda ne puissent plus se nourrir du drame palestinien et poussent à un règlement. Quant à Georges Bush, il a fini par comprendre que son seul moyen d’amorcer une sortie d’Irak et de ne pas entrer dans l’histoire comme le plus mauvais président des Etats-Unis serait de réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Rien n’est joué, bien sûr, mais les Etats-Unis ne veulent pas d’un échec de la conférence de paix qu’ils ont convoquée pour novembre. Il y a là, oui, une rare fenêtre d’opportunité.

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