Barack Obama, on le sait, est extrêmement populaire en Europe. Le huitième sondage international du German Marshall Fund sur les mouvements d’opinion transatlantiques le confirme spectaculairement mais, fait marquant, cette popularité est loin d’être aussi grande en Europe centrale et orientale qu’en Europe occidentale. Alors que le pourcentage d’Allemands ayant une bonne opinion du président des Etats-Unis est passé de 11% sous Georges Bush à 92% sous Barack Obama et que cette évolution a été sensiblement la même en France, en Espagne ou en Grande-Bretagne, l’écart est moins grand en Bulgarie et en Slovaquie et nettement plus faible en Pologne (55% contre 44%) ou en Roumanie (58% contre 44%). La raison en est simple. Sorties de l’orbite soviétique il y a vingt ans, les anciennes Démocraties populaires continuent de craindre la Russie et préféraient donc la fermeté de Georges Bush vis-à-vis de Moscou et sa volonté d’étendre l’Otan vers l’Est à l’attitude autrement plus souple qu’a adoptée Barack Obama dans l’espoir d’obtenir le soutien du Kremlin sur la scène internationale et, notamment, dans la crise iranienne. Hier, beaucoup plus américanophiles, ou atlantistes, que les Européens de l’Ouest, les centre-européens sont aujourd’hui devenus beaucoup plus réservés. Ils n’attendent plus autant leur sécurité, voire leur salut, de Washington et, du coup, leur regard sur l’Europe a considérablement évolué. Ils sont, désormais, presque aussi nombreux que les Européens de l’Ouest (70% contre 76%) à considérer comme souhaitable que l’Union européenne exerce un « leadership mondial », devienne en d’autres termes, dirait-on en France, un acteur de la scène internationale. C’est un changement de taille, un rapprochement de fond entre anciens et nouveaux membres de l’Union qui pourrait être porteur d’avenir dans les prochaines années en facilitant l’émergence d’une diplomatie européenne. Deuxième chose frappante, Barack Obama plait nettement plus aux Européens qu’aux Américains puisque les premiers, Turcs compris, l’approuvent pour 77% d’entre eux contre seulement 57% des seconds. Même lorsqu’ils aiment le président des Etats-Unis, les Européens ne se confondent pas avec les Américains. Il y a plus de points communs entre Européens qu’entre Européens et Américains et cela se voit à plusieurs de leurs réactions. Soixante-quinze pour cent des Européens contre seulement 45% des Américains font confiance à Obama pour combattre le terrorisme, approuvent autrement dit son approche politique du problème. Une majorité d’Européens excluent un éventuel usage de la force contre l’Iran alors qu’une majorité d’Américains ne le font pas. Une majorité d’Américains pensent que l’Etat a trop dépensé pour combattre la crise alors que ce n’est le cas dans aucun pays d’Europe. Seuls 43% des Américains contre 69% d’Européens, autre exemple, sont prêts à un combat contre le réchauffement climatique même au prix d’un ralentissement de la croissance.

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