Où l'on voit que les grandes puissances veulent toutes négocier avec Pyongyang mais qu'elles ont encore à négocier entre elles une position commune.

Ils sont cinq. Bien ou mal, impasse ou décision, tout se passe entre ces cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les seuls à y disposer d’un droit de veto, et leurs tractations ont rarement été aussi intenses que ces derniers jours car le Conseil se saisit aujourd’hui du dossier nord-coréen.

Il le fait sous la menace d’un nouvel essai balistique ou nucléaire de Pyongyang. Il le fait huit jours après que ce régime a démontré qu’il n’était décidément plus loin de disposer de missiles à tête nucléaire. C’est dans la fébrilité que le Conseil se réunit mais son unité est beaucoup plus grande qu’il n’y paraît.

Officiellement, il y a les Occidentaux d’un côté, Etats-Unis, France et Grande-Bretagne, et les Russes et les Chinois de l’autre. Les Américains avaient commencé par mettre sur la table un projet de sanctions économiques extrêmement dur. Ils voulaient placer la Corée du Nord sous embargo gazier et pétrolier, l’empêcher d’exporter son textile, interdire l’emploi de travailleurs nord-coréens par des pays tiers et geler les avoirs détenus à l’étranger par les principales figures du régime.

Cela aurait vite mis la Corée du Nord à genoux. Français et Britanniques n’ont pas dit non mais Russes et Chinois s’y sont totalement opposé parce qu’ils craignent une surenchère immédiate de Pyongyang pouvant faire échapper la situation à tout contrôle et que la Chine ne veut pas d’un écroulement du régime nord-coréen qui mènerait aussitôt à une réunification de la péninsule coréenne.

Apparemment, c’était le blocage, comme si souvent au Conseil de sécurité, mais les Etats-Unis n’ont aucune envie de s’isoler car ils ne savent pas comment traiter cette crise à eux-seuls et les Russes et les Chinois, de leur côté, sont ulcérés par les provocations de Pyongyang et veulent les sanctionner.

Les Etats-Unis ont donc adouci leur texte. Largement entamé, il y a un marchandage entre Washington, Moscou et Pékin sur le degré de sanctions à prendre et Paris et Londres, pour leur part, n’ont collé à la Maison-Blanche que pour mieux pouvoir, le moment venu, lui prêcher le compromis.

La vérité des choses est que les Cinq sont tous désireux de trouver les moyens d’amorcer une négociation avec le régime nord-coréen aux termes de laquelle ils lui offriraient des garanties de sécurité en échange d’un gel de ses programmes militaires.

Par la voix de sa chancelière, l’Allemagne s’est déjà dite prête à s’associer à une négociation de ce type que la diplomatie française s’emploie à favoriser. Le président chinois s’en est entretenu avec Angela Merkel et Emmanuel Macron. Les Cinq négocient entre eux pour pouvoir, demain, négocier avec Pyongyang. Même à Washington, la Raison prévaut mais on n’y est pas et le temps presse.

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