Ce matin, détour par les JO avec un scandale qui fait beaucoup de bruit dans la presse anglosaxonne..

Le drapeau des JO 2016
Le drapeau des JO 2016 © Getty / Ross Kinnaird / Employé

Hier matin, jeudi 11 août donc, un site américain d'info, le Daily Beast publie un article assez racoleur sur un thème pourtant rebattu : la drague et le sexe au village olympique. Mais cette fois-ci, le sujet du papier est plus spécifique.

Le journaliste, Nico Hines, a en effet téléchargé une appli de rencontre gay, puis s'est installé en bas du village olympique. Evidemment, le résultat ne s'est pas fait trop attendre : en quelques heures, il a enchaîné une dizaine de rendez-vous.

Sans jamais consommer, précise-t-il avec une certaine condescendance, pour la simple et bonne raison qu'il n'est pas gay lui-même, mais en précisant à chaque fois l'âge, les mensurations, la nationalité et même la discipline de l'athlète rencontré.

Evidemment, c'est là que le scandale se noue : aucun des athlètes piégés n'avaient fait leur coming-out, l'un d'entre eux a 18 ans tout juste et certains sont originaires de pays où l'homosexualité est interdite, voire punissable de prison.

Pourtant l'article ne donnait pas les noms des athlètes en question...

Sauf qu'en passant 5 minutes sur un moteur de recherche, n'importe qui est capable de trouver leur identité. Le scandale commençant à prendre, le Daily Beast a modifié toutes les identités, puis a retiré l'article avec un mot d'excuse.

Cette affaire est d'autant plus dommageable que, précisément, le Comité international olympique ne cessait de communiquer que les Rio sont les Jeux les plus gays de l'histoire. Et c'est vrai que les chiffres parlent d'eux-mêmes.

A Rio, il y aurait 47 athlètes, hommes et femmes confondus, ouvertement gays : 2 fois plus qu'à Londres en 2012. Ce chiffre ne cesse de grossir. La 1ère médaille d'or brésilienne, la judoka Rafaela Silva, a profité de sa gloire pour faire son outing.

Les hockeyeuses UK Helen et Kate Richardson-Walsh sont le 1er couple marié à participer ensemble aux JO. On a aussi vu une demande en mariage entre la joueuse de rugby brésilienne Isadora Cerullo et sa compagne au sortir d'un match.

Sait-on quel est le 1er athlète ouvertement gay à participer aux Jeux olympiques ?

J'ai cherché : le 1er Olympien à en avoir ouvertement parlé est un cavalier américain, Robert Dover, en 1988 à Séoul. Ça ne l'a d'ailleurs pas empêché de participer 6 fois aux JO d'été. Un record en soi !

Mais le tout 1er athlète identifié comme gay des Jeux olympiques modernes s'appelait Otto Peltzer, il était allemand et a participé aux jeux de 1928. Il était recordman du monde du 1 500m et a bien failli remporter l'or olympique.

Son histoire est très triste : arrêté par les Nazis en 1934 pour homosexualité, il n'a pas pu participer aux JO de 1936 à Berlin. Il a fini interné dans un camp de concentration et n'a été libéré qu'en 1945 par les troupes américaines.

Evidemment, tout est différent aujourd'hui. Mais au fond, pas tant que cela : 73 pays dans le monde répriment encore l'homosexualité et 13 peuvent appliquer aux homosexuels la peine de mort.

Alors lorsqu'un journaliste croit malin d'identifier par leur discipline, leur nationalités et leur âge, des athlètes gays venus de pays comme le Kazakhstan qui ne demandaient rien et ne savaient rien, il commet un acte méprisable et méprisé.

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