Israël et la Turquie sont sur le point de renouer leurs relations. Les Turcs l’avaient annoncé vendredi. Un haut responsable israélien me l’a confirmé, hier, en parlant d’un délai maximum d’un mois et demi et la certitude est qu’il y a une très forte volonté des deux parties d’arriver à un accord.

En tournant la page de l’arraisonnement meurtrier, en 2010, des bateaux turcs qui avaient tenté de rompre le blocus de Gaza, les Israéliens se réconcilieraient avec le premier pays musulman à avoir reconnu leur Etat, avec un pays membre de l’Otan avec lequel ils avaient toujours entretenu d’étroites relations économiques et militaires, même sous le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan.

Quant aux Turcs, ils trouveraient encore plus d’avantages à une réconciliation car, à couteaux tirés avec la Russie et dans une mauvaise passe avec les Américains auxquels ils reprochent leur soutien à l’indépendantisme des Kurdes de Syrie, ils ont un urgent besoin de se retrouver des alliés.

Un rapprochement avec Israël leur permettrait tout à la fois d’acquérir de la haute technologie, de consolider leur position internationale comme ils l’ont déjà fait avec Europe grâce à l’accord sur les réfugiés et de substituer, surtout, aux approvisionnements russes devenus aléatoires des livraisons de gaz israélien puisque Israël est maintenant en passe d’exploiter ses gisements sous-marins.

Tout plaide ainsi pour cette réconciliation mais reste à régler la question de l’aide humanitaire directe que les Turcs veulent pouvoir apporter à Gaza. Les Israéliens n’y sont plus opposés mais à la condition que la Turquie se distance du Hamas et que ces livraisons puissent être contrôlées sur une plateforme qui serait à créer en haute mer.

L’opération n’est pas évidente mais ses difficultés ne seraient plus loin d’être surmontées tant est fort ce commun désir d’aboutir qui n’est pas que bilatéralcar, au-delà de l’intérêt que Turcs et Israéliens y trouveraient, il viendrait affirmer l’alliance de fait entre Israël et les pays sunnites.

Encore discrets mais inimaginables hier encore, les contacts entre Israël et l’Arabie saoudite se multiplient. Il n’est plus rare d’entendre dire à Riad que les Israéliens ne sont plus les premiers adversaires du monde sunnite car Israéliens et sunnites ont maintenant un ennemi commun, l’Iran dont le rapprochement avec les Occidentaux les inquiète tous autant.

A Riad comme à Jérusalem, on considère qu’Américains et Européens sont des naïfs, que l’accord sur le nucléaire ne fera que retarder l’accession de l’Iran à la bombe et, pire encore, que permettre au régime iranien de reconstituer ses finances et de relancer ses efforts de subversion dans le monde sunnite.

C’est pour cela que l’Egypte, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite resserrent leurs liens et que le rapprochement entre Israël et la Turquie a toute l’approbation des Saoudiens.

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