Clinton ? Ou Obama ? Avec 1136 délégués engrangés par la première et 1108 par le second - seulement 28 de moins – le duel est, chaque jour, plus serré. Non seulement ils sont quasiment à égalité mais le sénateur de l’Illinois vient de remporter, ce week-end, cinq Etats en deux jours tandis que la sénatrice de New York trahissait un désarroi en remplaçant, impromptu, sa directrice de campagne. Les trois batailles d’aujourd’hui, Virginie, Maryland et District of Columbia, la capitale fédérale, Washington, permettront, peut-être, d’y voir plus clair mais la certitude et que le match va durer car la plupart des primaires démocrates attribuent les délégués au prorata des voix recueillies. C’est la proportionnelle, système équitable mais qui a le défaut de ne pas dégager de vainqueur lorsque deux candidats, comme aujourd’hui, sont au coude à coude. Alors ? Barack ? Ou Hillary ? C’est d’autant plus ouvert que, plus durera l’incertitude, plus Barack Obama imposera une crédibilité qui lui faisait défaut au départ. On l’a déjà oublié mais, il y a six semaines encore, personne n’aurait parié dix cents sur ce quadragénaire quasiment inconnu qui faisait vraiment poids plume face à l’ancienne Première dame des Etats-Unis, sans doute la femme la plus connue au monde, disposant d’un colossal trésor de guerre et de l’équipe la plus brillante qui soit. Tout était joué mais, désir de changement et équation personnelle, l’inconnu a créé la surprise. Les contributions, souvent modestes, ont si bien gonflé ses caisses qu’elles sont, désormais, beaucoup mieux pourvues que celles d’Hillary Clinton. Barack Obama a, maintenant, les moyens financiers de tenir la longueur et, plus longtemps il reste en lice, plus ses chances grandissent car il est David faisant chanceler Goliath, le meilleur des rôles possibles, celui qui fascine, attire les projecteurs, enthousiasme et fait boule de neige. Pour l’heure, Barack Obama est en bien meilleure position que sa rivale mais il lui reste, pourtant, à transformer l’essai. Plus grandira sa crédibilité, plus il devra se définir, non plus être seulement le candidat du changement absolu mais affirmer un programme qui reste jusqu’à présent flou. Qu’envisage-t-il de faire avec l’Irak, l’Iran, l’Afghanistan ? Avec l’Europe ? Comment voudrait-il réduire l’immense déficit budgétaire des Etats-Unis ? Que pense-t-il de la discrimination positive, de ce que les Américains appellent l’« affirmative action » et qui avait amené tant d’électeurs démocrates à voter républicain ? Il a ses réponses, largement esquissées, mais plus il les explicitera, plus il sera jugé sur le fond et non plus sur l’appel d’air qu’il suscite, plus Hillary Clinton retombera sur ses pieds et plus comptera la grande question : qui est le plus à même de remporter non plus les primaires mais la présidentielle ? Y a-t-il, autrement dit, plus de machistes que de racistes aux Etats-Unis ou l’inverse ? La réponse n’est pas évidente et ce ne sont pas les sondages qui la donneront.

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