En Syrie, les Etats-Unis et la Russie, d'un côté, Israël et l'Iran, de l'autre, sont désormais face-à-face

En deux incidents graves, le conflit syrien vient de s’internationaliser comme jamais. Ce n’est pas nouveau, dira-t-on, et non, ça ne l’est pas puisque dès les premiers mois des manifestations démocratiques de 2011, l’Iran avait volé au secours du régime de Damas tandis que l’Arabie saoudite et la Turquie apportaient leur soutien aux insurgés mais là, c’est différent. 

         Alors que jusqu’à ces tout derniers jours, et malgré l’intervention russe,  l’internationalisation opposait fondamentalement les mondes sunnite et chiite à travers leurs chefs de file iranien et saoudien, ce sont là les Etats-Unis et la Russie puis Israël et l’Iran qui se sont retrouvés face à face, ou presque.

         Le premier incident date de la nuit de mercredi à jeudi lorsque les forces de la coalition internationale contre Daesh conduite par les Etats-Unis ont frappé des troupes du régime de Damas qui s’en prenaient à leurs alliés des FDS, les Forces démocratiques syriennes. 

Arabes et kurdes, ces forces sont celles qui avaient permis la reconquête de Mossoul et de Raqqa, les places fortes irakienne et syrienne de Daesh. Sans elles, il est très probable que ces villes seraient encore aux mains des djihadistes qui organisaient leurs attentats en Europe à partir d’un QG de Raqqa. L’Europe, les Etats-Unis et le Proche-Orient doivent beaucoup aux FDS mais parce que les Forces démocratiques syriennes  lui sont hostiles et que les Etats-Unis veulent s’appuyer sur elles pour prendre pied au nord de la Syrie, l’armée syrienne, celle de Damas, avait voulu s’y attaquer

Les Etats-Unis ne pouvaient pas laisser faire. Ils les ont défendues. Leur riposte a tué quelque cent hommes des troupes de Damas, de troupes que la Russie soutient et, par alliés interposés, Washington et Moscou sont désormais aux prises en Syrie, c’est-à-dire en guerre, indirectement mais en guerre.

Deux jours plus tard, samedi, l’aviation israélienne frappait en territoire syrien afin de s’opposer – c’est une politique constante depuis 2011 – à la création d’installations militaires iraniennes en Syrie. Les Israéliens ont perdu un appareil dans cette opération. Ca ne leur était pas arrivé depuis longtemps. Il est donc probable que ces frappes se répéteront et le fait est que ce sont là Israël et la République islamique qui se combattent, sur le sol syrien mais à la frontière d’Israël qui ne veut pas voir l’Iran s’installer à nord-est de son territoire, en Syrie, après qu’il l’a fait au nord, au Liban, par Hezbollah interposé. 

Les Etats-Unis ne veulent pas laisser la Russie devenir l’artisan d’une complète victoire militaire de Bachar al-Assad. Israël ne veut pas se laisser prendre en étau par l’Iran. Tout s’aggrave, non seulement en Syrie mais dans tout le Proche-Orient

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