Tout au long de cette saison, cette chronique géopolitique a traité de nombreux sujets, mais leur point commun est qu'ils sont traversés par un homme, Donald Trump, qui affole la planète. Il va maintenant falloir s'habituer à l'idée qu'il pourrait être réelu l'an prochain...

Un Donald Trump orange et gonflable paradé par les manifestants contre la visite du Président américain à Londres le mois dernier.
Un Donald Trump orange et gonflable paradé par les manifestants contre la visite du Président américain à Londres le mois dernier. © AFP / ISABEL INFANTES / AFP

J’ai relevé tous les sujets traités cette année dans cette chronique, et trois grands thèmes ont dominé : le Moyen-Orient dans ses diverses crises, mais beaucoup l’Iran ; l’Europe avec les élections du mois de mai et l’impossible Brexit ; et enfin la Chine, le sujet qui monte, inexorablement, à mesure que sa place sur l’échiquier mondial grandit. L’Afrique ou l’Amérique latine n’ont pas disparu, mais occupent assurément moins de place sur notre écran radar, 

Mais dans ces grands thèmes, on retrouve un même homme : Donald Trump, disrupteur en chef de la planète, qui affole les Européens, menace les méchants Iraniens mais cajole les méchants nord-coréens, ou encore qui met en scène de manière incohérente sa confrontation larvée avec le géant émergent chinois.

Le Président de la première puissance mondiale est, par définition, concerné par toutes les affaires de la planète. Mais Donald Trump y ajoute sa touche personnelle, comme dans sa relation si particulière avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, ou son rapport anxyogène avec les Européens.

La scène internationale n’est pour lui que le prolongement de ses meetings électoraux, une manière de faire valoir, comme il l’a écrit sur Twitter cette semaine, que les États-Unis ont de loin « la plus grande économie et la plus grande armée au monde », et que, l’une comme l’autre, deviennent « plus puissantes, plus grandes ». Les électeurs républicains sont assurément plus impressionnés que tous ceux, à l’étranger, que le Président agace par son unilatéralisme et son égocentrisme.

Il faut s’y faire, Donald Trump risque donc d’être là pour durer. Si la saison a commencé avec le mot « impeachement », destitution en raison de l’affaire russe, elle se termine avec le mot « réelection », c’est-à-dire la possibilité que Donald Trump soit là jusqu’en 2024, pour le meilleur peut-être, et, assurément, pour le pire.

L’hystérisation de la vie internationale par le Président américain rend évidemment tout le monde nerveux, les Chinois qui l’ont sous-estimé et sont désormais menacés d’une guerre froide technologique, autant que les Européens qui ont trop longtemps vécu sous le parapluie protecteur des États-Unis pour envisager facilement la vie sans eux, or c’est l’enjeu numéro un du moment.

L’important est de comprendre de quoi Donald Trump est réellement le nom. La crise du moment, entre les États-Unis et le Royaume Uni, nous en donne l’occasion. Cette crise a été marquée mercredi par la démission de l’ambassadeur britannique à Washington après ses jugements peu flatteurs sur le Président américain, « inepte », « dysfonctionnel ». 

L’ambassadeur s’exprimait dans un télégramme diplomatique que des pro-Brexit à Londres ont fait fuiter dans la presse, la disruption partout. Le paradoxe, comme le confiait un diplomate européen, est que presque tous les ambassadeurs en poste à Washington ont écrit la même chose à leur gouvernement.

Mais si personne n’est dupe, le monde est aujourd’hui contraint de se définir par rapport à Donald Trump. Et ça ne va pas s’arrêter avec la campagne présidentielle américaine qui s’intensifie. A nous, néanmoins, de ne pas bondir au moindre de ses tweets provocateurs, même si, avouons-le, c’est tentant. 

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