Donald Trump a d’ores et déjà accordé au régime nord-coréen la reconnaissance à laquelle il travaillait depuis près de sept décennies.

C’est maintenant sur les rails. Rien, évidemment, ne se fera en un jour et rien n’est même assuré, mais MM. Trump et Kim, par leur jovialité surjouée et la signature d'une déclaration commune ont maintenant lancé de vraies négociations, directes, difficiles, certainement longues mais plutôt prometteuses, entre la première puissance mondiale et ce petit pays qu’est la Corée du Nord, misérable monarchie héréditaire, ubuesque et formellement communiste. 

A Washington comme partout, les sceptiques sont nombreux et leurs arguments solides. Comment ce régime, demandent-ils, pourrait accepter la dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible » que les Etats-Unis exigent de lui alors même que ses missiles et ses premières bombes nucléaires constituent son assurance-vie ?  

Oui, bien sûr… La question se pose, sauf…

Sauf que la Corée du Sud ne veut pas d’une réunification qui lui causerait d’immenses difficultés économiques et politiques, que la Chine ne verrait pas d’un bon œil la renaissance d’une Corée unie et que le Japon ne voudrait pas non plus d’une nouvelle puissance régionale. 

Le régime nord-coréen a ainsi bien d’autres atouts que sa bombe et, maintenant qu’il s’en est doté, il est en bonne position pour négocier avec Donald Trump dont c’est aussi l’intérêt. 

Le roi du tweet pourra dire que c’est sa fermeté qui a conduit le régime nord-coréen à préférer un compromis à l’anéantissement qu’il lui avait promis, qu’il a donc réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué et que le monde lui devra bientôt la dénucléarisation d’un pays dont les missiles inquiètent autant le Japon que la Corée du Sud, toute l’Asie en fait et le monde.

Kim Jong-un pourra lui se targuer d’avoir si bien développé le programme nucléaire initié par son grand-père et fondateur de la dynastie que le tout puissant président des Etats-Unis a dû accepter de le rencontrer, de négocier avec lui et, mieux encore, à terme, de garantir la pérennité de son régime en lui accordant des garanties de sécurité « inédites ». 

C’est ce que l’un et l’autre vont dire et vendre, l’un à ses électeurs et à une grande partie du monde, l’autre aux Nord-Coréens, mais le vrai gagnant n’est pas Donald Trump qui vient d’ores et déjà, en personne, d’accorder à ce régime la reconnaissance à laquelle il travaillait depuis près de sept décennies. 

Le vrai gagnant est la dynastie Kim qui ne s’était pas lancée dans la course au nucléaire pour s’attaquer – c’eut été bien vain – à qui que ce soit et surtout pas aux Etats-Unis mais pour pouvoir échanger sa bombe contre sa survie économique et ce qui est désormais son horizon : la voie chinoise, le pire du communisme et le pire du capitalisme. 

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