Le problème est simple. Ehud Olmert, successeur d’Ariel Sharon et nouveau chef du gouvernement israélien s’est fait élire sur l’idée de « séparation ». D’ici la fin de son mandat, avant 2010, dit-il, il veut qu’Israël se soit désengagé des Territoires occupés et doté de frontières sures et définitives. Venu de la droite et longtemps défenseur du Grand Israël, d’un Israël qui se serait étendu dans ses frontières bibliques ou dans celles, en tout cas, de la Palestine mandataire, il a désormais rejeté ce mythe car il a compris, premièrement, que les Palestiniens, dans ces frontières-là, seraient rapidement majoritaires et, deuxièmement, que ses concitoyens sont las de la guerre. La « séparation » recueille, aujourd’hui, l’assentiment d’une grande majorité d’Israéliens mais comment y procéder alors que le nouveau gouvernement palestinien, celui du Hamas, refuse de reconnaître Israël dans quelques frontières que ce soit ? Réponse d’Ehud Olmert : les Palestiniens ont six mois pour accepter des négociations et, passé ce délai, nous agirons unilatéralement en définissant les périmètres d’où nous nous retirerons. Si le Hamas ne se décide pas à évoluer, il est très probable qu’Ehud Olmert passera aux actes mais, si cet unilatéralisme dispensait les Israéliens d’importantes concessions, il aurait, pour eux, un inconvénient majeur. Non seulement les frontières qu’ils traceraient alors seuls ne seraient pas internationalement reconnues mais il n’y aurait pas de paix, seulement une parenthèse dans la guerre susceptible d’être à chaque instant refermée. Les Palestiniens, de leur côté, auraient beaucoup à perdre à ce qu’on en arrive là car, pour n’être pas éternelles, ces frontières dureraient et ils auraient d’autant plus de mal à les remettre, un jour, en question qu’Israël se renforcerait à leur abri et qu’ils auraient eux-mêmes refusé, à cause du Hamas, une négociation dont ils auraient pu tirer parti. Hamas compris, tout le monde aurait, en fait, intérêt à ce que des négociations s’ouvrent et se concluent sur un accord de paix mais comment faire ? Comment contourner l’obstination du Hamas à nier l’existence d’Israël ? Une solution existe, imaginée par le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et à laquelle vient de se rallier le ministre de la Défense israélien, Amir Peretz, chef du Parti travailliste. Cette solution consisterait à organiser des négociations entre Israël et Mahmoud Abbas dont les résultats seraient ensuite soumis à référendum dans les Territoires palestiniens. Ce serait parfaitement possible car Mahmoud Abbas, Président élu de l’Autorité, est également Président de l’OLP, l’organisation qui avait signé les Accords d’Oslo avec Israël, qu’il s’agirait de reprendre le fil de ces Accords, que les termes d’un règlement définitif sont connus de tous et que, devant un plan de paix, les Palestiniens voteraient massivement « oui ». Jusqu’à présent, les Israéliens avaient fait la sourde oreille mais les déclarations d’Amir Peretz marquent une évolution – d’autant plus importante que le plus populaire des dirigeants palestiniens, Marwan Barghouti, vient aussi, du fond de sa prison israélienne, de se prononcer pour cette solution.

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