Les affrontements de rue de Jérusalem se sont transformés en guerre ouverte, avec les tirs de centaines de roquettes par le Hamas à partir de la bande de Gaza, suivies de raids aériens israéliens en représailles. Le bilan ne cesse de grimper.

Tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza en direction des villes israéliennes, suivies de représailles aériennes israéliennes : les confrontations de Jérusalem se sont transformées en guerre.
Tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza en direction des villes israéliennes, suivies de représailles aériennes israéliennes : les confrontations de Jérusalem se sont transformées en guerre. © AFP / MAHMUD HAMS / AFP

En 48 heures, le conflit a changé de nature. Les affrontements entre manifestants palestiniens et forces de l’ordre à Jérusalem se sont transformés en guerre ouverte à partir du réduit de la bande de Gaza ; et le bilan est d’un seul coup plus lourd : plus de quarante morts.

C’est l’escalade des armes qui a fait grimper le nombre de victimes. Des centaines de roquettes tirées sur Israël par le Hamas à partir de la bande de Gaza, dont certaines ont franchi le « dôme d’acier », la défense anti-missiles israélienne. 

Au moins trois Israéliens ont ainsi été tués par certaines de ces roquettes, tandis que, dans la bande de Gaza, 35 Palestiniens, dont pkusieurs enfants, ont trouvé la mort lors de représailles israéliennes. Hier après-midi, 80 avions israéliens ont bombardé Gaza, et dans la soirée, les sirènes retentissaient à Tel Aviv en raison d’une nouvelle salve de roquettes. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes d’Israël et de Cisjordanie occupée, y compris entre civils juifs et arabes.

Comment est-on passé d’une confrontation de rue à une guerre de roquettes et de jet, une escalade loin d’être terminée ? 

Comme toujours dans cette région, il ne faut que quelques faux-pas ou quelques incidents isolés pour réveiller un conflit jamais éteint.

Dans sa chronologie des événements, le quotidien israélien « Haaretz » fait remonter le début de la crise au premier jour du Ramadan, lorsque les autorités israéliennes ont changé le dispositif de sécurité Porte de Damas, principal accès de la vieille ville et des lieux de prières. En face, se trouve le quartier historique de Sheikh Jarrah, déjà sous tension à cause des expulsions de résidents palestiniens. Les Palestiniens ont refusé le dispositif israélien.

Puis une vidéo sur l’application Tik Tok a montré un jeune Palestinien giflant un jeune religieux juif à Jérusalem. La vidéo est devenue virale, comme un défi puéril lancé par des ados à la toute-puissance de l’État hébreu. Puis des Israéliens d’extrême droite ont mené des chasses à l’homme dans les quartiers palestiniens… L’engrenage de la violence était lancé.

Ca commence sur Tik Tok et ça finit par des bombardements : c’est la guerre au XXI° siècle

Mais ça n’explique pas tout, il y a aussi un contexte politique. Côté israélien, il y a une vacance du pouvoir, malgré quatre élections : Benyamin Netanyahou expédie les affaires courantes, et pourtant il a le pouvoir de guerre ou de paix.

Côté palestinien, le vide est plus frappant encore. Depuis quinze ans, les Palestiniens sont divisés entre la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, et l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, présidée par un Mahmoud Abbas dont le mandat a expiré longtemps, tout comme son crédit politique.

En déclenchant le feu à partir de son fief de Gaza, le Hamas revendique le leadership palestinien en déshérence ; une OPA qui profite de l’affaiblissement de son rival historique, le Fatah autrefois conduit par Yasser Arafat, et qui n’a plus ni chef, ni projet politique.

Les jeunes palestiniens, quant à eux, n’ont guère confiance dans ces partis qui n’ont aucun moyen de leur offrir un avenir. Mais leur refus spontané d’une occupation sans issue s’est transformé en embrasement généralisé, dont nul ne peut désormais prédire où il s’arrêtera.

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