Les Israéliens sont appelés aux urnes mardi prochain. Généralement tenu pour le plus probable, voire certain, le premier scénario est que Benjamin Netanyahou, le Premier ministre sortant, soit reconduit par ce vote parce qu’il parait à même de former une nouvelle coalition de droite avec les petites formations nationalistes, religieuses et d’extrême-droite et cela quand bien même son propre parti, le Likoud, arriverait derrière l’Union sioniste, le front formé par la gauche travailliste et les centristes.

C’est sur ce scénario que tablent la plupart des analystes israéliens. Il n’est guère encourageant puisque il n’y aurait alors pas d’espoir de relance du processus de paix et que les inégalités sociales créées par des politiques d’inspiration très libérale continueraient à se creuser dans un pays dont le taux de pauvreté est l’un des plus élevés des pays développés.

Le deuxième scénario, celui que certains commencent à envisager en Israël, est qu’aucun des deux grands blocs, pas plus le Likoud que le centre-gauche de l’Union sioniste, ne soit en mesure de former une coalition majoritaire et que la seule solution soit alors une grande coalition entre la droite et le centre-gauche. Ce serait la paralysie assurée car ce gouvernement n’aurait pas plus de cohésion sur la question palestinienne que sur les questions économiques et sociales. On irait ainsi vite à de nouvelles élections mais ce scénario n’apparaît plus impossible car les inégalités sociales suscitent un tel mécontentement que le centre-gauche est en train de monter dans les sondages qui lui accordent désormais trois à quatre sièges d’avance sur le Likoud.

Et puis il y a le troisième scénario, unanimement ou presque tenu pour le moins probable mais qu’on ne peut pour autant pas écarter. Il est que le centre-gauche, conduit par le travailliste Isaac Herzog, sorte bel et bien de ces élections avec quelques sièges d’avance sur le Likoud et que ce soit lui et non pas Benjamin Netanyahou qui s’avère capable de former une coalition majoritaire.

On ne fera pas de pari mais cela n’aurait en fait rien d’impossible parce que le centre-gauche semble bien porté par une aspiration au changement social sur lequel il a centré sa campagne et qu’il pourrait passer la barre de la moitié des sièges en se ralliant un nouveau parti se réclamant de la droite sociale, le plus modéré des partis religieux dont les électeurs font partie des plus démunis et deux formations laïques, l’une du centre et l’autre de la droite nationaliste.

C’est une aspiration à la réduction des inégalités et à la limitation de l’influence des religieux qui cimenterait une telle coalition. Israël s’éloignerait alors du libéralisme économique cher à Benjamin Netanyahou mais il y aurait aussi tournant sur la question de la paix car Isaac Herzog et Tzipi Livni, sa partenaire centriste, souhaitent relancer les négociations avec les Palestiniens dans un cadre régional. C’est pour cela que cette coalition pourrait bénéficier d’un soutien parlementaire, sans participation gouvernementale, de la douzaine de députés arabes que la nouvelle Knesset pourrait compter.

Ce scénario n’est pas le plus probable, non, mais le centre-gauche s’est pris à y croire.

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.