Le programme nucléaire de la Corée du Nord visait à assurer la pérennité de son régime et Kim Jong-un est bien près d'y parvenir

En acceptant de négocier avec la Corée du Nord, Donald Trump vient de laisser la victoire au leader Kim Jong-un
En acceptant de négocier avec la Corée du Nord, Donald Trump vient de laisser la victoire au leader Kim Jong-un © Getty / The Washington Post

La réponse est oui. Il est, oui, parfaitement possible que la rencontre entre MM. Kim et Trump ait bien lieu et débouche sur un compromis incluant la question nucléaire.

     C’est possible car on voit mal Kim Jong-un procéder maintenant à de nouveaux essais nucléaires ou balistiques alors qu’il a lui-même proposé de les suspendre avant sa rencontre avec Donald Trump et que ce serait à tout coup torpiller ce rendez-vous dont il a lui-même avancé l’idée. Ce ne serait pas son intérêt et la seule raison qui pourrait faire décommander ce sommet serait ainsi que les discussions préparatoires ne permettent pas de dégager les grandes lignes, au moins, d’un compromis. 

     On ne peut pas l’exclure mais ce n’est pas le plus probable car, dès lors que les Nord-Coréens acceptent, ce qui est le cas, d’envisager une dénucléarisation, il n’est plus tellement difficile de trouver les termes d’un compromis.

Kim Jong-un n’enverra pas à la casse ses missiles et ses bombes. Il ne pourrait le faire, et encore, que si les Américains acceptaient de fermer les sept bases qu’ils ont en Corée du Sud et d’en rappeler les quelque 25 000 hommes qu’ils y entretiennent. Là, oui, il y aurait matière à un donnant-donnant mais c’est tout simplement inenvisageable car ce déploiement de force vise beaucoup moins à intimider la Corée du Nord qu’à participer, contre la Chine, à la présence américaine en Asie. 

     Tout va donc se jouer sur ce que l’on appellera « dénucléarisation » et sur ce que les Américains accepteraient de donner en échange. 

La Corée du Nord pourrait s’engager à arrêter ses recherches et à ne plus procéder à aucun essai tandis que les Américains reconnaîtraient l’intangibilité de la frontière entre les deux Corée c’est-à-dire la pérennité de la Corée du Nord, ouvriraient une ambassade à Pyongyang et soutiendraient l’économie nord-coréenne par des investissements qui pourraient leur être extrêmement profitables puisqu’au pays de M. Kim, les salaires sont bien plus bas qu’en Chine et même au Vietnam.  

     Un accord n’a rien d’impossible. Il y a tout lieu de s’en réjouir car on dansait là sur un volcan mais le fait est en même temps que, si compromis il y a, cette monarchie communiste dont la sauvagerie a peu d’équivalents aura gagné sur toute la ligne. Elle voulait l’assurance de durer. Elle voulait être reconnue par les Etats-Unis. Elle voulait des investissements dans les zones franches qu’elle entend développer. C’est pour servir ces objectifs que son programme nucléaire avait été conçu et, en plus, le président des Etats-Unis lui fait cadeau d’un sommet, s’abaisse à son niveau, dans le seul objectif de pouvoir dire qu’il aurait fait céder Pyongyang alors que, si compromis il y a, le vainqueur est M. Kim.

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