Spéciale Ramallah Stéphane Paoli est en direct de Ramallah en Cisjordanie, où va être enterré Yasser Arafat dans l’après-midi. En conséquence, les chroniques sont supprimées, (sauf « Géopolitique » de Bernard Guetta à 8h15), et différents invités apportent analyses et témoignages. 7h15 -Frédéric Barreyre, envoyé spécial de France Inter à Ramallah. -Pierre Weill, correspondant pendant 12 ans de France Inter en Israël. -Majdi Malki, professeur de sociologie à l’Université palestinienne de Bir Zeit à Ramallah et Nadja Malki, professeure d’éducation à l’université d'Al-Quds à Ramallah également. 7h45 -Christophe Lurie, envoyé spécial de France Inter à Gaza. -Isabelle Dor, envoyée spéciale de France Inter à Jérusalem. -Saleh Abdel Jawad, historien, directeur du département de Sciences politiques de l’Université palestinienne de Bir Zeit à Ramallah. 8h15 -Chronique Géopolitique de Bernard Guetta « L’espoir et sa fragilité.» 8h20 -Fabienne Sintès, envoyée spéciale de France Inter au Caire. -Mahmoud Labadi, directeur général du Conseil législatif palestinien (parlement palestinien.) 8h40 -Awad Duabes, journaliste palestinien à Ramallah. -Jalal kader, avocat palestinien à Ramallah. Comme les mots, l’atmosphère compte en politique. Après avoir craint, il y a deux semaines, que l’effacement de Yasser Arafat n’accroisse l’instabilité proche-orientale, les gouvernements et les journaux du monde tendent à croire, aujourd’hui, que sa mort pourrait, au contraire, favoriser une détente. L’unité dont les dirigeants palestiniens ont su faire preuve, le rôle prééminent, surtout, qui est immédiatement revenu aux plus modérés d’entre eux, expliquent ce retournement. Loin d’être infondé, il devient même, en lui-même, un facteur politique car l’optimisme encourage l’audace en nourrissant l’espoir mais en est-on déjà, vraiment, à une relance du processus de paix ? Tout concourt à la permettre mais au moins deux hypothèques pèsent sur elle. La première est que seule des élections, présidentielles et législatives, permettraient maintenant la mise en place d’une direction palestinienne assez représentative pour rouvrir et mener des négociations avec Israël. Or non seulement ces scrutins seront difficiles à organiser sans une bonne volonté israélienne qui suppose, préalablement, un rétablissement de la confiance mais les islamistes du mouvement Hamas ne pourront pas en être écartés. Contre eux, Mahmoud Abbas, l’ancien Premier ministre qui vient d’être porté à la tête de l’OLP peut avoir du mal à l’emporter car, si grande que soit sa légitimité historique, il souffre d’avoir été trop applaudi par les Etats-Unis et Israël lorsqu’il a appelé à la non-violence et condamné la « militarisation » de l’Intifada. Pour qu’il puisse remporter ces élections, il lui faudrait pouvoir bénéficier de l’appui de la plus populaire des figures palestiniennes, Marwan Barghouti, qui fut, avec lui, l’un des principaux négociateurs d’Oslo avant de devenir, en janvier 2001, l’organisateur de l’Intifada. Cet appui, cette alliance entre les deux hommes est parfaitement envisageable car, s’ils ont divergé sur les moyens, ils veulent l’un et l’autre parvenir à un compromis avec Israël. Le problème est que Marwan Barghouti purge six peines de détention à vie et qu’aucun gouvernement israélien ne pourrait le libérer sans de solides garanties. Toutes les étapes sont possibles mais l’obstacle n’est pas mince. Plus redoutable encore, le deuxième problème est que le seul compromis que les Palestiniens puissent aujourd’hui signer est celui que Bill Clinton avait proposé à Taba, il y a quatre ans. Yasser Arafat avait commis l’erreur de le refuser. Ses successeurs seraient prêts à l’accepter mais Ariel Sharon, lui, ne l’est pas et, sans doute, fera-t-il tout pour n’y être pas contraint. Rien, on le voit, n’est joué mais si l’optimisme n’est pourtant pas interdit c’est qu’Ariel Sharon n’aura bientôt plus de majorité sans Shimon Pérès et que Georges Bush a besoin d’un terrain d’entente avec l’Europe et les capitales arabes pour se sortir du bourbier irakien. Il redevient possible de forcer la paix mais il y faudrait l’unité et la ténacité de l’Europe, de la gauche israélienne, des dirigeants palestiniens et des Etats-Unis. Elle n’est pas fatalement exclue, bien au contraire, mais on n’y est pas.

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