C’est une percée qu’on n’attendait plus et, peut-être, porteuse d’espoirs. Au terme d’une semaine de négociations secrètes et indirectes menées au Caire par l’intermédiaire des autorités égyptiennes, Israël est parvenu à un accord sur la libération de Gilad Shalit. Détenu depuis cinq ans par les islamistes du Hamas qui l’avaient enlevé au cours de l’attaque d’un poste militaire israélien, le jeune conscrit sera échangé contre 1027 Palestiniens incarcérés en Israël et dont la moitié devrait être élargie simultanément à la libération de Gilad Shalit qui devrait intervenir sous quelques jours, dit-on des deux côtés.

Plusieurs fois présenté comme imminent, cet échange avait jusqu’alors buté sur le refus d’Israël d’élargir des prisonniers ayant du sang israélien sur les mains. La situation était bloquée depuis plus d’un an mais le Hamas comme Benjamin Netanyahu ont souhaité relancer, et conclure, les négociations car ils avaient, l’un et l’autre, besoin d’engranger un succès politique. Depuis qu’ils ont pris le contrôle de la Bande de Gaza en 2007 après en avoir chassé l’Autorité palestinienne par la force, les islamistes s’y trouvent coupés du monde, incapables de lancer de lancer la moindre action contre Israël par crainte de représailles massives et de plus en plus impopulaires car, tandis qu’ils président à une misère toujours croissante à Gaza, la Cisjordanie connaît un boom économique spectaculaire.

Déjà profonds, l’isolement et le désarroi politiques du Hamas s’étaient encore accrus depuis que l’Autorité palestinienne et son président, Mahmoud Abbas, ont demandé à l’Onu la reconnaissance de la Palestine. Aussi largement approuvée à Gaza qu’en Cisjordanie par l’opinion palestinienne, cette offensive diplomatique de Mahmoud Abbas avait achevé de marginaliser les islamistes qui pourront maintenant se targuer d’avoir obtenu ces libérations de prisonniers.

Quant à Benjamin Netanyahu, isolé comme jamais sur la scène internationale et en butte à un mouvement de contestation sociale sans précédent, il avait, lui aussi, tout intérêt à cet échange car le sort de Gilad Shalit mobilisait l’opinion israélienne. Le Premier ministre a fait triompher là une cause nationale. Son autorité politique en sera renforcée et toute la question est de savoir s’il voudra utiliser cet atout pour imposer à sa coalition gouvernementale, la plus à droite de l’histoire d’Israël, les gestes nécessaires à une reprise des pourparlers avec les Palestiniens que les Etats-Unis annoncent comme prochaine.

Rien ne le prouve encore mais ce n’est pas forcément à exclure car les pressions internationales exercées sur Benjamin Netanyahu sont extrêmement fortes et toujours plus fortes. On verra mais, en attendant, problème : cet accord pourrait être déjà menacé car, tandis que les Palestiniens annoncent que le plus populaire de leurs dirigeants, Marwane Barghouti, seul homme à même de réconcilier le Hamas et l’Autorité palestinienne et de faire avaliser, par l’ensemble des Palestiniens, un très éventuel accord de paix, figure sur la liste des prisonniers à libérer, les Israéliens, eux, le démentent.

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