Il n’y a pas que la Syrie. La diplomatie est, pour l’heure, impuissante en Syrie car la Russie veut y écraser l’insurrection avant toute négociation mais… Prenons la Corée du Nord

Voilà un pays dont les essais nucléaires et le développement de missiles à moyenne portée inquiètent tous ses voisins et irritent la Chine, les Etats-Unis et toutes les grandes puissances. Voilà un pays sans vrais alliés et dont la dictature héréditaire et totalement ubuesque est unanimement considérée comme aussi répugnante que grotesque mais, face aux menées de cet Etat paria, le monde est tout aussi impuissant qu’en Syrie car que faire ?

Bombarder ? Cela ne changerait rien.

Envoyer des troupes pour renverser cette dictature ? Oui, ce serait théoriquement possible mais, outre que personne ne veut mourir pour Pyongyang, un Etat ne peut heureusement plus prendre ce genre d’initiative sans mandat international. Si justifiée qu’elle puisse être, une intervention dans un Etat souverain demande aujourd’hui un feu vert du Conseil de sécurité, comme celui qu’il avait donné pour la Libye et dont les Etats-Unis avaient eu le tort de se passer lors de leur aventure irakienne, et il n’y aurait pas de majorité au Conseil pour une intervention en Corée du Nord.

Personne ne l’y proposerait même car, bien qu’ils soient les protecteurs du Japon et de la Corée du Sud, de pays cibles des missiles nord-coréens, les Etats-Unis n’ignorent pas que la Chine ne voudrait pas que leurs armées viennent s’installer à sa frontière, fût-ce provisoirement.

La Chine alors ? Elle s’impatiente toujours plus contre Pyongyang. Elle n’a plus de complicité avec ce régime mais sa fin signifierait pour elle un afflux de réfugiés dont elle ne veut pas et créerait les conditions d’une réunification de la Corée et, à terme, de la naissance d’une grande puissance coréenne alliée des Etats-Unis que Pékin ne voudrait pas voir émerger en Asie. Le Japon alors ? Sa sécurité le lui commanderait. Il aurait de légitimes raisons de vouloir mettre terme aux provocations nord-coréennes, mais les Coréens du Nord comme du Sud ont un souvenir si affreux de l’occupation nippone du siècle dernier que le Japon est le dernier pays à pouvoir plaider une intervention et cela d’autant plus que la réunification de la Corée ne l’enchanterait pas non plus.

Les Sud-coréens alors ? Ah… Oui, bien sûr, sauf… Sauf que maintenant que leur pays est devenu une puissance industrielle et que leur niveau de vie s’est considérablement élevé ils n’ont aucune envie d’aller se ruiner dans une guerre pour libérer leurs cousins du Nord qu’ils ne voudraient pas, au demeurant, voir débarquer chez eux.

Troisième de sa dynastie, l’Ubu de Pyongyang n’a guère de soucis à se faire. Seul un coup d’Etat pourrait le faire tomber car, tant qu’il n’y a pas de possibilités d’esquisser une convergence d’intérêts entre les grandes puissances internationales ou régionales, la diplomatie est partout aussi impuissante qu’elle l’est en Syrie.

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