Cette fois-ci, ce sera non. Alors même que, depuis sa prise de fonction, Barack Obama avait toujours reçu le Premier ministre israélien lors de ses déplacements aux Etats-Unis, il a décliné cette fois-ci une demande d’audience de Benjamin Netanyahou qui souhaitait le voir avant la fin du mois, en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies.

La Maison-Blanche a invoqué un problème de « calendrier ». Ce n’est pas un refus, dit-elle, rien qu’une question d’emploi du temps mais le fait est qu’entre Israël et les Etats-Unis, rien ne va plus car ils sont en désaccord complet, ouvert et toujours plus acerbe sur le programme nucléaire iranien.

Comme l’a répété Hilary Clinton, avant-hier, les Etats-Unis, continuent de compter, sur « la diplomatie et les sanctions économiques » pour amener la République islamique à renoncer à se doter de la bombe. Les Israéliens, au contraire, ou plus exactement leur Premier ministre et une petite partie de leurs ministres, croient moins que jamais en l’efficacité de ces pressions internationales, ne veulent pas voir venir le jour où l’Iran n’aurait plus à craindre une intervention militaire de qui que ce soit car il se serait déjà doté de la bombe et entendent, en conséquence, faire bombarder au plus vite les sites souterrains sur lesquels la République islamique enrichit l’uranium nécessaire à ses ambitions nucléaires.

Depuis le mois d’août, Benjamin Netanyahou fait donc dire partout qu’il se prépare à passer l’action mais, comme il lui est difficile, non pas impossible, mais difficile, de le faire sans un feu vert de la Maison-Blanche, il vient de publiquement sommer Barack Obama de fixer une « ligne rouge » à l’Iran. Il demande, autrement dit, qu’une date butoir soit fixée à l’Iran au-delà de laquelle ses dirigeants sauraient que les Etats-Unis passeraient eux-mêmes à l’action. Pas question, ont immédiatement répondu les Américains et Benjamin Netanyahou leur a aussitôt rétorqué hier que « ceux qui refusent de fixer des lignes rouges à l’Iran n’ont pas le droit moral d’imposer un feu rouge à Israël ». On en était là quand s’est posé, hier, ce problème de calendrier.

Entre les Etats-Unis et le plus proche de leurs alliés, le torchon brûle comme jamais car, si les deux pays se refusent également à laisser l’Iran disposer de la bombe, leurs analyses politiques divergent totalement. Pour Benjamin Netanyahou, il ne faut plus tarder à agir non seulement parce qu’il y a urgence mais aussi parce que les pays arabes ne veulent pas non plus d’une bombe iranienne, pas plus leurs gouvernements que leurs populations, et que l’affaiblissement du régime syrien, principal allié de Téhéran, empêchera l’Iran de réagir trop vivement au bombardement de ses sites.

Les Américains, à l’inverse, considèrent que la situation du Proche-Orient est déjà bien trop explosive pour aller y jouer avec le feu et que les sanctions économiques, surtout, sont en train d’étrangler le régime iranien qui devra donc finir par mettre de l’eau dans son vin. C’est un bras de fer qui s’est ainsi engagé entre Israël et les Etats-Unis et l’on ne peut pas exclure que Benjamin Netanyahou ne s’arrête pas au feu rouge.

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