Aujourd'hui, direction le Mexique avec une décision historique de la Cour suprême...

La Cour suprême de justice de la Nation, c'est son nom complet, a annulé mardi une loi de l'Etat de Campeche qui interdisait l'adoption aux couples gays, même mariés. Un jugement qui fait suite à une autre décision historique, c'était en juin dernier

Le 12 juin, la même Cour suprême expliquait que toute loi qui empêcherait le mariage entre personne du même sexe était inconstitutionnel. Par défaut, le mariage gay a donc été légalisé. Auparavant, seul le district fédéral de Mexico le permettait.

D'ailleurs, c'est une sorte de constante en Amérique latine : les Cours suprêmes ou les Cours constitutionnelles se substituent au législateur pour faire adopter le mariage égalitaire. Ce fut le cas au Brésil et c'est ce qui se passe en ce moment en Colombie.

En 2011, la Cour constitutionnelle colombienne a donné un délai de 2 ans au législateur pour approuver le mariage gay. En 2013, pas de loi, du coup il est devenu légal de se marier entre hommes ou femmes devant un juge ou un notaire colombien.

Une reconnaissance de facto, en catimini si vous voulez. Du coup la Cour constitutionnelle colombienne a repris fin juillet ses travaux afin, peut-être, d'aller plus loin et d'ordonner la modification du Code civil. Résultat d'ici fin août.

Une cour suprême au Mexique reconnaît l'adoption des couples gays
Une cour suprême au Mexique reconnaît l'adoption des couples gays © corbis

Relance : quel sont les pays sudaméricains qui reconnaissent le mariage gay ?

D'abord et avant tout, les plus peuplés du sous-continent : Mexique, Brésil, Argentine, Colombie. A eux quatre, ils représentent un demi-milliard d'habitants, autant que l'Union Européenne. A quoi il faut ajouter le pionnier, l'Uruguay, qui l'a adopté dès 2013.

Il ne faut pas non plus oublier la Guyane française qui, avec la Martinique ou de la Guadeloupe, sont des régions ou des départements français et où s'applique donc la loi de la République. Voilà pour le mariage, d'autres pays ont un sous-mariage, un PACS.

Il y a même un pays, l'Argentine, qui est le seul au monde à permettre aux touristes de passage de se marier. Du coup, le pays est devenu un pôle d'attraction pour tous les gays et lesbiennes d'Amérique latine qui ne peuvent pas encore convoler dans leur pays.

Relance : il n'y a pas que la bataille pour le mariage gay, il y a aussi celle de l'avortement...

Et celle-là est beaucoup plus difficile. C'est simple, il n'y a guère que l'Uruguay et Cuba en Amérique latine pour avoir dépénalisé l'avortement sans restriction. Au Mexique, on ne peut avorter librement que dans la capitale, Mexico.

Pour le reste, l'avortement reste interdit sauf en cas de danger pour la mère, de malformation du fœtus ou de viol dans la plupart des pays. La législation la plus dure, qui interdit tout, ou presque, on la trouve au Paraguay, en Bolivie et au Chili.

Au Paraguay, la dureté de la loi a même entraîné un scandale retentissant au mois de mai dernier : une petite fille de 10 ans violée par son beau-père avait été interdite d'interruption de grossesse. Eh bien, elle a accouché hier par césarienne.

Au Chili, où la loi interdit tout avortement quelques soient les circonstances sous peine de prison, la présidente Michelle Bachelet a présenté il y a quelques jours une loi dépénalisant l'avortement pour les trois cas cités : elle rencontre une forte opposition.

Enfin, une dernière remarque : en juillet dernier le Pape a visité le Paraguay, la Bolivie et l'Équateur . Il a bien choisi : aucun des trois pays ne reconnaît ni le mariage gay, ni l'avortement. Les sondages montrent qu'ils sont même les plus conservateurs du continent !

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